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"LOIN DE CHEZ MOI..."
Pinar Selek
Pinar Selek, est écrivain et sociologue, Turque. Elle est également militante féministe, LGBT, pour les droits des minorités (Kurdes, Arménien-ne-s, Grecs/ques, Roms, enfants des rues, travailleuses du sexe, etc.) et anti-militariste. Elle subit une répression politique depuis 13 ans en Turquie : prison, torture, acharnement judiciaire, elle risque la prison à perpétuité et son prochain procès aura lieu le 7 mars 2012. Elle vit en exil depuis plus de deux ans, d'abord à Berlin et depuis peu à Strasbourg. Elle fait actuellement une thèse en sociologie en français sur les mouvements féministes et LGBT en Turquie. Dans le cadre du Festival Strasbourg méditerranée, elle est intervenue dans une rencontre sur le thème : Femmes et exil. A cette occasion, elle nous a lu ce très beau texte où elle parle de son exil !
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Pinar Selek
"La philosophie est le mal du pays. C'est le souhait de se sentir chez soi partout." Novalis Kehre.
J'ai aimé ma maison depuis mon enfance. J'aimais le sentiment dans cette maison. J‘aimais la solitude que j'éprouvais là-bas, comme la compagnie de mes tendres en qui j'avais confiance et un grand amour. J'aimais cuisiner et parler avec eux de nous et du monde en général. J'aimais prendre et observer les objets et les souvenirs qui m'étaient importants et ensuite préparer mon âme et mon corps pour le jour suivant.
Mais aussi, je voyais les limites de cette maison. Je savais également que les portes s'ouvraient différemment vers l'intérieur ou vers l'extérieur... Que les murs qui nous tenaient à l'intérieur en laissaient d'autres à l'extérieur. Je ne me suis jamais enfermée là-bas. Je me suis familiarisée à d'autres espaces, d'autres maisons, d'autres vies et existences. C’était une lutte contre les stéréotypes de patriarcat qui m’obligeait de me mettre dans ses moules.
Mais cela me fortifiait de retourner de temps en temps, dans cette maison qui m'attendait avec toutes ces choses que moi-même et les personnes qui me sont chères, avions rassemblées. M'y reposer à nouveau et m'ouvrir à l'inconnu, en me remémorant les souvenirs, me fortifiait.
À l'intérieur de différents processus de subjectivisation entrelacés, effondrés et reconstruits, j'ai étendu les frontières de mon espace qui m'apparaissait toujours plus étroit qu'il n'était. Dans les espaces qui ne portaient pas de trace de moi, j'ai aimé m'y perdre, apprendre les différents rythmes et garder l'allure.
Oui, comme disait notre chère Virginia, je ne désirais aucun pays. Mais tout en sachant qu'un jour j'allais m'asseoir, à nouveau revenir vers moi-même, et comme le disait Levinas, que je reculerai vers ma terre comme une réfugiée.
Étant assurée que ma maison m'attendait avec mes amours et mes souvenirs, je continuais à me perdre dans Istanbul où je connaissais tous ses endroits particuliers, ses cafés secrets, ses impasses et ses coins cachés. Oui, je me perdais, même en l'absence de brouillard et aussi je me jetais vers la côte en glissant sur les vagues. En même temps, je maintenais mon existence politique dans un pays dont je connaissais la langue et les réflexes, et dont je pouvais utiliser les outils d'expression. .Dans ce contexte historique particulier, je savais ce que mes mots et mes actes pouvaient signifier et également comment ils seraient compris par d'autres.
Mais mes rêves n'ont pas cessé de me suivre. Parce que je savais que la maison, excepté le confort qu'elle procurait, signifiait également tracer des frontières. J'étais déroutée par les paroles de Walter Benjamin qui définissaient le chez soi comme vivre dans un endroit sûr, dans une boîte secrète. Sous l'influence de Deleuze, je ne cessais pas de me poser la question de comment la déterritorialisation pouvait être possible. C'est pour ces raisons que j'ai refusé le mariage et les nécessités du quotidien en tant que mécanisme de domestication. J’avais décidé de ne pas faire un enfant qui va m’attacher aux obligations institutionnelles. Etant une femme, je ne voulais pas vivre dans une de ces maisons remplies de meubles identiques. Je ne voulais pas passer ma vie à regarder les programmes télévisés et à me promener dans les parcs avec mes enfants. Vivre dans la rue à certaines périodes ou rester éveillée jusqu'au matin avec des personnes sans abri dans différents endroits, avait des liens avec ma recherche philosophique.
Mais même l'état de déterritorialisationavait sa place. Comme ces nomades qui laissent leur empreinte de pas et qui attachent de petits morceaux de tissu aux branches des arbres sur leurs routes, je créais mon propre rythme et j'apprenais quels vents allaient m’accompagner pendant que je migrais entre les espaces. Et je le répète : je me balançais les yeux fermés.
Je suis souvent tombée. Je tombais tout le temps. La domination masculine était brutale. Mon corps saignait de ça et de là et parfois je sentais que j'allais tomber sur la tête et mourir. Mais je m'étais familiarisée aux tempêtes, mes amis étaient à côté de moi et bientôt je hissais la voile.
Au sein des frontières que j'étendais, je créais un endroit ouvert et calme qui laissait de la place aux découvertes, aux miracles, à des réunions spontanées et à des actions. J‘ai dis que je créais. Bien sûr, je n'étais pas toute seule mais au travers de ce processus de création collective, je décidais moi-même et sur la base de mes propres choix quelles frontières j'allais étendre et jusqu'à quel point; selon mon propre pouvoir, mes propres faiblesses et mes rêves.
Et puis soudain, on m’a arrachée de mon univers. L’Etat masculin m’accusait d’être une sorcière.
Ou était le pays des sorcières ? Je ne connaissais pas. Je me suis retrouvée dans un espace dont je ne connaissais ni la langue ni les réflexes et dont les tempêtes ne m'étaient pas habituelles. Ma maison était là-bas, loin de moi. Et elle m'était interdite.
L'espace dans lequel j'étais habituée à créer des choses et dans lequel il y avait ma propre trace, m’était interdit. Lorsque j'ai laissé derrière moi cette trace, je ne fus pas seulement séparée de ma maison mais également de moi-même. Je ne pouvais pas y retourner. Je ne peux pas y retourner.
Vide et sans limite
La question n'est pas seulement de connaître physiquement les endroits où tu vis, mais le sentiment du chez soi est également de ne pas se sentir étrangère aux dynamiques de ces lieux. Ai-je vraiment maîtrisé toutes les dynamiques d'Istanbul ? Non. Parce que tout endroit, est globalement imprégné par des relations de domination. Etant une femme, je ne pouvais pas maîtriser les gigantesques mécanismes qui m'encerclaient là où je suis née ni dans les rues où je travaillais. Mais il y a une différence. Au moins je les connaissais mieux. J'apprenais et je savais mieux avec qui et jusqu'où je pouvais marcher, sur quelle pierre je pouvais poser mes pieds et quelles rues sont des impasses. Ceci augmentait certainement mon pouvoir de résister.
Est-ce que cela me domiciliait pour autant ?
Peut-être qu'un jour j'aurais changé ma direction pour venir ici. Si ce jour arrive, une personne peut quitter tout ce qu'elle possède. Mais c'est elle qui fixe le moment. On peut partir après avoir décidé ce qu'on allait laisser derrière soi, ou de quelle manière on allait le faire, ce qu'il fallait achever ou non. De cette manière on peut glisser hors de ses frontières.
Il y a une différence significative entre cette sorte de glissement et le fait d'être arraché.
Mes fleurs ont manqué d'eau, les oiseaux auxquels je donnais du pain tous les matins, mes vieux amis auxquels j'apportais de la nourriture, l'olivier que j'avais planté dans mon jardin... Le roman que j'avais commencé à lire et l'article que j'étais entrain d'écrire sont restés sur la table. Les photos de ma mère, les cadeaux de mes vieux amis, les lettres que je lisais fréquemment, la campagne politique que nous avions commencée récemment et le discours que j'allais prononcer lors de la manifestation...Mes amis m'attendent au coin de la rue...
Mon chez moi, ma maison c'était eux. Je n'avais pas fini de construire ma maison. Je continuais.. Pourquoi maintenant ?
Cela peut arriver. La vie n’est pas constituée simplement de notre propre monde. Les possibilités qui s'offrent à nous dans des espaces limités ne se transforment-elles pas en même temps en chaînes qui nous entravent? Nous ne sommes pas nées seulement dans notre maison, notre ville ou notre pays; nous sommes nées dans le monde. « Mon pays à moi, femme, c'est le monde entier. » N’est-il pas préférable de découvrir les miracles inconnus, les expériences, les visages de cette vie très courte que nous allons vivre et que nous pouvons perdre à chaque instant ?
Mais.... S'il n'y avait pas eu de contraintes, je n’aurais pas facilement changé de direction vers ailleurs. Les oliviers, l'amie à qui j'apporte à manger et les discours à prononcer allaient continuer pour toujours.
Mais regarde maintenant, deux ans se sont écoulés. J'ai appris à dire mes mots, à m'amuser, à pleurer, à faire l'amour et à établir des liens à l'intérieur de ces vies que je ne connaissais pas auparavant. J'ai rencontré des gens que j'ai envie d'embrasser et ne plus jamais quitter. En plus, j'ai pu hisser la voile avec les nouveaux vents et je ne me suis pas renversée.
Je dois accepter. J'aime ces chemins. Ces rencontres dont je n'avais même pas rêvé. Rencontrer des expériences qui me paraissaient si éloignées dans le passé. Écouter. Expliquer. Être stimulée par des gens qui m'étaient inconnus. Me déployer dans ce monde non pas comme si j'étais une invitée, mais comme si j'étais chez moi, dans ma maison.
Que disait St. Hugo qui vivait en pays saxon au 12ème siècle ? "Celle qui admire son pays se trouve au début du chemin, celle qui voit tout lieu comme chez elle est puissante, mais celle qui voit le monde entier comme un pays étranger est parfaite." Alors donc, lorsqu'on est éloignée de sa maison, on comprend qu'on est exilée dans le monde. Comprendre qu'on est une exilée, n'est-ce pas là un état d'existence totalement différent ?
Lorsque j'ai perdu le sentiment de sécurité, je me suis senti également distante des symboles, des liens, des motifs et des habitudes qui m'apportaient cette sécurité jusqu'à ce moment là. Et cette distance me laisse dans le vide mais les limites de mon regard et les horizons de mes frontières s'élargissent. Je n'aurais pas été capable d'apprendre cela si j'étais restée chez moi.
Où se trouve ma Maison ?
Lorsque je suis arrivée de Turquie, je n'avais pas de chez moi. Je me déplaçais d'une maison à l'autre avec trois valises dans mes mains. D'une ville à l'autre. Je disais : "Le monde est ma maison".
Mais ce n'était pas forcément vrai.
Je lisais continuellement Adorno qui en tant que Juif allemand avait réalisé qu'il n'aurait plus jamais de chez soi dans ce pays où il pourrait retourner après la guerre. Adorno qui comme réfugié, avait vécu dans des hôtels et des pensions pendant de nombreuses années et n'avait donc pas eu à porter la responsabilité d'avoir une résidence permanente avait dit : "Les maisons sont restées toutes dans le passé...une vie fausse ne peut pas être vécue d'une façon correcte." Mais qu’est-ce que ça signifie pour une femme ? Etant une femme, est-ce que c’est possible pour moi de vivre dans des hôtels et des pensions comme Adorno ? Même étant une sorcière ? Et alors ? Ou vivre ? Les femmes, ne sont-elles pas toujours en exil dans le monde, meme dans leur maison? Et pour lutter contre ce sentiment d’exile, elles ne se raccrochent pas à leurs maisons, à leurs proches, à leurs relations ?
Questions. Questions. Aussi bien à l'intérieur de leur chez soi qu’à l'extérieur, pas seulement les femmes, tous les êtres humains de la vie moderne ne sont-ils pas tous des sans domicile fixe ? La vie actuelle n'est-elle pas basée sur l'absence de racines, d'histoire et de passé ? Les frontières du chez soi ne se sont-elles pas rétrécies de nos jours, dans cette vie, où tout est devenu à la fois si proche et si éloigné et où chacun est devenu étranger à l'autre ? Nous ne connaissons personne dans les rues, nous n'invitons plus facilement quelqu'un chez nous ? A l'intérieur de ces petites frontières et avec toutes ces télévisions et ces affaires marchandes, nos maisons ne se sont-elles pas transformées en "machines résidentielles“ ? Alors quelle est la nouvelle signification de se trouver loin de chez soi ?
Me souvenant de la recherche philosophique que je poursuivais encore, je me disais à moi-même : "Laisse l'existence déterritorialisée élargir ton horizon, tu es libérée de ces murs. Tu n'as pas à prendre soin d'une maison ni à la gérer, tu n'as pas de maison qui te ralentirait comme une tortue. Tu n'as pas de responsabilités accablantes. Tu es partout chez toi. Si tu apprends à vivre comme cela, dans l'aisance d'être capable d'aller partout où tu le souhaites, ton état d'existence gagnera un niveau différent de densité et de profondeur. Ne l'oublie pas, l'utopie se trouve loin de la maison. Etant une femme, ta maison est le monde entier".
Mais ça n'est pas ce qui est arrivé. Les trois valises dans mes mains devenaient plus lourdes de jour en jour. Comme il n'y avait pas d'armoire pour suspendre mes affaires dans les endroits où j'allais, je me suis retrouvée à continuellement devoir faire et défaire mes valises. Voila la déterritorialisation !
Non, ceci n'était pas ma théorie. Les millions de réfugiés que la guerre et la violence ont appauvris... Ceux qui ont été condamnés à une vie discontinue après les vies et les maisons qu'ils avaient perdues; ceux qui ont laissé derrière eux un feu dans la cheminée ou qui ont fui n'emportant que quelques menues affaires après que leur toit se soit effondré sur leur tête; ceux qui vivent comme des fugitifs dans les pays où ils sont arrivés après avoir sauté par dessus les barrières des frontières parce qu'ils fuyaient la pauvreté...Les exilés de la guerre et de la pauvreté ne profitent pas des avantages de la déterritorialisation; mais ils font l'expérience de la pauvreté, de l'insécurité et du désespoir sans fin. Surtout les femmes exilée se trouvent plus ouvertes à toutes les violences de la domination masculine.
Les Juifs sont de ceux qui ont fait l'expérience de l'exil d'une manière très lourde. Il y a un musée juif à Berlin avec un monument dans la cour. Le Monument de l'Exil. Des routes qui sont séparées les unes des autres par des murs, des routes qui arrivent les unes dans les autres comme un couloir...Vous y entrez et vous avez le vertige. Vous faites quelques pas et votre esprit devient flou. Son calcul mathématique est construit de telle manière que le sol est penché; les murs sont penchés...lorsque vous commencez à marcher, vous perdez votre équilibre. Vous ne pouvez pas sentir le sol sur lequel vous marchez et vous ne pouvez pas sentir les structures qui vous entourent. Ceci peut être apparenté à l'inaccoutumance. Cette petite expérience de vertige et de nausée, peut très bien nous indiquer ce qu'est la psychologie de l'exil. Vous ne maîtrisez pas le sol sur lequel vous êtes debout, c'est comme s'il était penché. Vous ne savez pas ce que vous pouvez faire avec les gens, les institutions et les structures qui vous entourent. C'est comme si tout était incliné. C'est une mauvaise sensation.
La route est-elle la maison de l'exilé ?
J'ai également fait l'expérience de cette nausée. Maintenant elle a diminué mais elle n'a pas totalement disparu. Pourtant je ne me suis jamais totalement sentie complètement en exil. Même si les poèmes et les chants qui parlent de l'exil, de la maison et du pays, m'amènent les larmes aux yeux; la seule définition de mon état d'existence n'est toujours pas l'exil. Au moins je ne me suis enfoncée dans une émotion unidimensionnelle.
Les perspectives, les limites, les problèmes et les fardeaux de chaque lieu, chez soi ou en dehors, sont différents. Soit on se sent accablé, soit on trouve une issue de secours en jouant avec le vent.
Chez soi ou ailleurs, il est possible d'augmenter partout la profondeur et la longueur des limites. Comme le disait Heidegger, le chez soi est une sorte d'intimité; c'est notre connexion au monde et notre coin dans le monde. Ce coin peut être établi sur les routes aussi. J'ai établi ma maison lorsque j'ai appris à marcher dans les rues. Peut-être que je n'ai pas établi qu'une seule maison? Une personne peut avoir plus d'une maison, plus d'un chez soi.
Etant une femme, l’expérience de l’exil est plus dure mais moi, je vous avoue que j’ai vécu comme une chance d’être femme grâce a la solidarité international des féministes qui m’ont partagé leur déterritorialisation. Avec elles, j’expérimente la force de vivre sur les bords de toutes les institutions du monde entier.
Si vous me demandez encore, je tiens mon gouvernail dans mes mains et j'ai appris à jouer avec les vents une fois de plus. Mais je ne peux pas diriger mon gouvernail vers le lieu dont je parle, vers mon pays qui me manque.
Mais rien n'est jamais certain. Peut-être que les directions du vent vont changer et les eaux se calmer. Ce qui est important en mer, c'est de hisser la voile.
En sachant que l'espace est infini.
Pinar Selek
APPEL DE CABIRIA :
MOBILISONS-NOUS CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX TRAVAILLEUSES DU SEXE
Appel de Cabiria du 12/12/2011
Mobilisons-nous contre les violences faites aux travailleuses du sexe
Autour du 17 décembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleuses du sexe, Cabiria lance une campagne d’interpellation en direction des député-e-s.
Le 17 décembre est la Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux travailleuses du sexe. À cette date, les prostituées et les travailleuses du sexe se rassemblent, à Lyon ou ailleurs, soutenues par Cabiria ou d’autres associations, pour dénoncer les violences qui leurs sont faites et perpétuer la mémoire de celles qui ont été assassinées au travail.
Les travailleuses du sexe veulent dénoncer les violences physiques dont elles sont la cible, les agressions, les viols, les meurtres. Mais elles veulent aussi que les violences institutionnelles et symboliques qu’elles subissent soient rendues visibles : jugement moral, pression à l’arrêt de l’activité, discrédit systématique de leur parole, harcèlement policier, pénalisation du racolage…
Face aux violences vécues par les prostituées et les travailleuses du sexe, face à la dégradation de leurs conditions de vie et de leurs conditions d’activité, l’État ne propose que la répression. Depuis 2003, le racolage est pénalisé, et, à présent, la pénalisation des clients des prostituées et des travailleuses du sexe est à l’ordre du jour. Le 7 décembre 2011, une loi a été proposée à l’Assemblée nationale, pour pénaliser le recours à la prostitution : les clients des travailleuses du sexe et des prostituées pourraient être condamnés à des amendes ou à une peine de prison (lire la proposition de loi).
Les prostituées et les travailleuses du sexe s’opposent à cette loi. Organisées en collectifs, syndicats ou associations d’autosupport, elles affirment que la pénalisation de leurs clients aggravera leur précarité, les poussera davantage dans la clandestinité, et ne fera que renforcer la situation de non droit où elles se trouvent.
Les prostituées et les travailleuses du sexe sont soutenues dans leurs revendications par Cabiria et les associations de lutte contre le sida et de santé communautaire réunies dans le collectif Droits et prostitution. Ces associations les épaulent et les accompagnent au quotidien sur les questions de santé et d’accès aux droits. A leurs côtés, elles contestent la proposition de loi et déclarent qu’en aucune manière la pénalisation des clients n’aura d’incidence positive sur les conditions de vie des travailleuses du sexe (lire le dossier).
Dans les mois qui viennent, les député-e-s se prononceront sur cette loi. Avant de voter, les députée-e-s doivent impérativement entendre et écouter ce que les travailleuses du sexe et les prostituées ont à dire sur les lois qui encadrent leur activité.
Ce 17 décembre 2011, à Paris, les travailleuses du sexe et les prostituées se retrouvent Place Pigalle à 14h pour manifester leur opposition à cette proposition de loi.
Le 16 décembre 2011, à Lyon, l’association Cabiria réunit une conférence de presse :
- pour exposer pourquoi la pénalisation des clients des prostituées et des travailleuses du sexe ne pourra pas améliorer les conditions de vie et d’activité de celles-ci.
- pour lancer une campagne nationale d’interpellation des député-e-s, afin qu’ils/elles écoutent, entendent et se positionnent contre les mesures répressives.
Vendredi 16 décembre à 14h30,conférence de presse à Cabiria, 5 quai andré lassagne 69001 Lyon
5 Quai André Lassagne
69001 Lyon, France
Tél : 04 78 30 02 65
POUR INFO :
QUELQUES ASSOCIATIONS PAR ET POUR LES TRAVAILLEUSES/EURS DU SEXE EN FRANCE
STRASS, Syndicat du Travail
Sexuel
Femmes de Droits, Droits des femmes
QUELQUES ASSOCIATIONS SANTE / PREVENTION / DROITS POUR LES TRAVAILLEUSES/EURS DU SEXE EN FRANCE
APPEL A BENEVOLES POUR LA MEDIATHEQUE DE LA STATION (CENTRE LGBTI ALSACE) !
Appel de la Station / Centre LGBTI Alsace du 09/12/2011
Appel à bénévoles: inauguration de la médiathèque
Bonjour à toutes et à tous,
En vue de l'inauguration de la médiathèque courant janvier (pas de date précise fixée), la Station souhaite faire un appel à bénévoles.
Les bénévoles seront, après formation, chargés du fonctionnement de la médiathèque (suivi des prêts, informations délivrées aux usagers et adhérents...).
La médiathèque sera opérationnelle courant janvier (sous réserve de validation du CA) et sera accessible tous les mercredis de 13h00 à 16h00 et samedis de 17h00 à 19h00.
Les bénévoles intéressés et motivés seront invités à se rendre disponibles durant ces deux créneaux.
Guylène, en charge du projet médiathèque, se propose de former les futurs bénévoles, tous les jours de 17h00 à 19h00, à partir du 12 décembre.
Si le projet vous intéresse et si vous souhaitez participer activement à sa réalisation, n'hésitez pas à venir nous consulter pour avoir des informations complémentaires et/ou vous inscrire aux cessions de formation proposées par Guylène.
Vous pouvez nous soumettre vos demandes par mail (contact@lastation-lgbti.eu), celles-ci seront retransmises directement à Guylène qui prendra attache avec vous.
Nous vous souhaitons à toutes et à tous un excellent week-end.
Merci à vous tous !
Aschwin et Léna
GIL PLASTICIENNE
EXPOSE A LA STATION
Bonjour à tous et à toutes,
J'expose au centre LGBTI la STATION, 7 rue des Ecrivains à Strasbourg
et
vous invite au vernissage le 15 décembre à partir de 18h30.
Jeudi 8 decembre à 19h JEUDI DES FEMMES / SOIREE VIDEO A LA STATION
jeudi 8 décembre à 19h30 APERO EVOLUTION à la Stub
Vendredi 9 décembre à
17h PINAR SELEK : RENCONTRE SUR LE THEME DE L'EXIL à la salle de la Bourse
vendredi 9 décembre à 19h30
S'M MIRABELLE EN CONCERT aux 7 arpents à Souffelweyersheim
Vendredi 9 décembre à 20h30 SOUAD MASSI EN CONCERT au Point D'eau
Samedi 10 décembre à midi et le soir
LA CUISINE D'ARIANE SOLEIL au Mixeur
Campagnes de lettres contre les lois homophobes en
Russie
Action des Poupées en Pantalons : Des
noms de rues qui disent les violences sexistes !
ACTION DES POUPEES EN PANTALON :
DES NOMS DE RUES QUI DISENT LES VIOLENCES SEXISTES
Communiqué des Poupées en Pantalons du 25/11/2011
LES MERES PORTANT UN FOULARD INTERDITES D’ACCOMPAGNEMENT DE SORTIES SCOLAIRES A L’ECOLE PAUL LAFARGUE DE MONTREUIL !
Les principes de la laïcité de la loi de 1905 instituent la liberté de croyance et de conscience pour toutes et tous, quelle que soit la religion ou l’absence de religion et n’instaure le principe de neutralité que pour les agents de l’Etat. Pour ce qui concerne les établissements scolaire, la loi de 1905 exige la neutralité religieuse du personnel enseignant, des contenus des enseignements et des locaux.
La loi de mars 2004, votée dans un contexte de polémique violente, restreint la liberté de conscience et de croyance et interdit aux élèves des établissements scolaires primaires et secondaires le port de signes dits « ostensibles » de religion. Dans la pratique, cette loi vise particulièrement les élèves musulmanes portant le foulard et a donné lieu à de nombreuses dérives : contrôle suspicieux de la part de personnels enseignants de la tenue des élèves musulmanes ou supposées comme telles (tenues jugées trop sombres, ou trop noires, bandeau trop larges, bandanas supects…), contrôle accru dans certains établissements scolaires (notamment dans des collèges à Strasbourg) de la tenue des filles (si la tenue ne doit pas être trop « ostensiblement religieuse », le règlement intérieur de certains collège strasbourgeois interdit également le port de tee-shirt à bretelles, de sandales, ou de vêtement laissant visible le nombril…) ou de la tenue des élèves en général (certains collèges strasbourgeois interdisent le port du bonnet, de la capuche ou de la casquette dans la cour d’école, quand bien même les températures sont extrêmement froides en hiver…)
Il est particulièrement remarquable qu’en Alsace, où la polémique sur la laïcité a fait tout autant rage qu’ailleurs en France, la loi de mars 2004 s’applique alors même que la loi de 1905 sur la laïcité ne s’applique pas, en vertu du régime concordataire qui est toujours en vigueur pour l’Alsace et la Moselle depuis 1801, sans que cela ne dérange personne… Ainsi, par exemple, dans les écoles primaires alsaciennes, les élèves musulmanes n’ont pas le droit de porter le foulard, mais des cours de religion catholique et protestante sont dispensés pendant les horaires scolaires aux frais de l’éducation nationale, peuvent être dispensés par des religieux, et l’on trouve encore fréquemment des statues religieuses, des croix, dans les écoles primaires publiques… Lors de la polémique sur la laïcité à l’école, qui visait particulièrement les élèves musulmanes voilées, je n’ai pas vu grand monde à Strasbourg ou ailleurs s’émouvoir du régime concordataire d’Alsace-Moselle… A partir de là, l’argument de la laïcité pour discriminer les femmes voilées me semble parfaitement hypocrite ! Ne parlons même pas de l’argument de la défense du droit des femmes étant donné les dérives en matière de contrôle du corps et de la tenue des femmes et des adolescentes dans les espaces publics !
La stigmatisation des femmes voilées a entre temps débordé de l’enceinte des établissements scolaires. De nombreuses discriminations ont été relatées dans les journaux : refus de servir une femme voilée au guichet d’une banque, refus d’un maire de marier une femme voilée ou de lui remettre ses papiers, refus d’entrée dans une école maternelle à une mère voilée venue chercher son enfant, discriminations à l’embauche, insultes, agressions… Et enfin, les refus de plus en plus nombreux, de la part d’établissements scolaires, que des mères d’élèves portant le foulard accompagnent des sorties scolaires… Sur le site de Mamans Toutes Egales, on découvre avec effarement les pratiques discriminatoires à l’encontre des mères portant le foulard qui sévissent dans certains établissements scolaires…
La HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’égalité), dans sa délibération du 14 mais 2007, a explicitement recommandé aux conseils d’école de « revoir les règlements intérieurs et/ou leur interprétation de manière à respecter le principe de non-discrimination religieuse dans la participation des parents à la vie de l’école »… Et pourtant, le 22 novembre 2011, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté une requête en annulation d’une disposition introduite dans le règlement intérieur de l’école Paul Lafargue de Montreuil, visant en fait à interdire aux mères portant le foulard d’accompagner les sorties scolaires des classes de cette école au motif que cette disposition serait la légitime application du principe de laïcité. On se demande en vertu de quelle loi ??? D’après le collectif Mamans Toutes Egales (voir flyer ci-dessus), ce règlement intérieur se traduit au sein de l’école Paul Lafargue par des pratiques effarantes…
Communiqué du Collectif Mamans-Toutes-Egales du 23 novembre 2011
Communiqué de presse Collectif Mamans-Toutes-Egales, 23 novembre 2011
Le jugement rendu par le tribunal administratif de Montreuil, le 22 novembre, interdisant à une mère de confession musulmane de l’école élémentaire Paul Lafargue de Montreuil de participer aux sorties scolaires, parce qu’elle porte un foulard est un jugement inique.
Il constitue une discrimination scandaleuse à l’égard d’une mère parce qu’elle est musulmane. Ce jugement contrevient aux principes de laïcité édictés dans la loi de 1905, qui institue la liberté de croyance et de conscience pour tous, quelle que soit la religion ou l’absence de religion et n’instaure le principe de neutralité que pour les agents de l’Etat.
En assimilant cette mère à un membre du personnel de l’Etat – alors que les sorties scolaires s’effectuent sous la responsabilité des enseignants, eux, agents de l’Etat–, ce jugement légalise une discrimination religieuse et constitue, de fait, une discrimination raciste. Car jamais une telle décision n’a été prononcée à l’encontre d’une mère portant une croix ou d’un père portant une kipa.
Pourtant le Premier ministre François Fillon s’était opposé, en juin dernier, à un projet de circulaire du ministre de l’Education nationale, Luc Chatel qui voulait généraliser cette interdiction à toute l’Education nationale.
Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, avait réaffirmé, à la rentrée sa volonté de ne pas remettre en cause la loi de 1905, selon lui «équilibrée». Et ne pas vouloir légiférer sur la participation des mères portant un voile aux sorties scolaires.
A Montreuil, seule l’école élémentaire Paul Lafargue pratique ces discriminations. Dans la maternelle du même établissement, toutes les mères sont bienvenues pour accompagner les sorties scolaires. Dans les autres écoles de la ville, les mères musulmanes, quels que soient leurs vêtements, peuvent accompagner les enfants. Tous ces enseignants seront-ils désormais considérés hors-la-loi ?
Le collectif Mamans-toutes-égales, soutenu par des intellectuels (1), des responsables politiques et syndicaux (2), des associations antiracistes et musulmanes, tient à alerter l’opinion publique sur la gravité de telles discriminations, leur retombées sur les enfants des mamans exclues et au-delà sur tous les enfants.
Ce jugement légalise l'exclusion. Il encourage les attitudes racistes et les pratiques discriminatoires à l'encontre de populations éternellement perçues comme "issues de l'immigration" alors qu’elles appartiennent à la société française. Il institue, de fait, une catégorie de Français à part, soumis à des règlements et jugements d’exception, hors du droit commun.
Notes
(1) Jacques Rancière, philosophe ; Etienne Balibar, philosophe ; Esther Benbassa, historienne ; Joël Roman, philosophe ; Françoise Vergès, politologue, Eric Fassin, sociologue, Jean Bauberot, sociologue, Christine Delphy, sociologue…
(2) Christiane Taubira, Cecile Duflot, Patrick Braouzec, Olivier Besancenot, Alima Boumedienne Thiéry, Eric Favey, secrétaire national adjoint de la Ligue de l’Enseignement, Annick Coupé
CAMPAGNE DE LETTRES CONTRES LES LOIS HOMOPHOBES EN RUSSIE
Un collectif d’associations LGBTI Russes et internationales appelle à envoyer des courriers à la Cour Européenne des Droits de l’Homme et aux Nations Unies. Une loi homophobe, interdisant « la propagande de la sodomie, du lesbianisme, de la bisexualité, de la transexualité et de la pédophilie » (tout dans le même sac) est sur le point d’être votée à St Petersbourg. Des lois similaires sont déjà en vigueur ailleurs en Russie. De telles lois justifient l'interdiction de prides et d'associations LGBTI, mais aussi la violence et la répression à l'encontre des personnes LGBTI. En 2009 des militantes LGBT Russes avaient saisi la Cour Européenne des Droits de l’Homme et l’ONU concernant une loi similaire à Ryazan, mais à ce jour ces institutions internationales n’ont toujours pas statué sur cette affaire ! Les associations LGBTI Russes estiment qu’une décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et de l'ONU permettrait de mettre en échec toutes les lois homophobes similaires à celles qui est sur le point d’être votée à St Petersbourg. Des campagnes de signatures ont eu cours en Novembre et la campagne de courriers a débuté tout début décembre. La mobilisation a déjà commencé à porter ses fruits : Le parlement de St Petersbourg, qui devait examiner cette loi le 30 novembre 2011, a décidé de reporter pour la deuxième fois l'examen du texte. Le Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies a décidé d'examiner la requête déposée par l'activiste Irina Fedotova portant sur une loi similaire lors de sa session de Juillet 2012. Mais rien n'est gagné et il faut impérativement continuer la mobilisation !
Pour de plus amples informations, voici un article en Français paru sur Yagg, contenant les liens vers les associations LGBTI Russes et internationales à l’initiative de cette campagne.
Article sur Yagg du 28/11/2012
«Propagande homosexuelle»:
Une campagne de lettres pour faire bouger la Cour européenne des droits de l’Homme et l’Onu
Par Judith Silberfeld
Aux grands maux, les grands remèdes. Les pétitions en ligne ont porté à l’attention internationale le problème auquel sont confronté-e-s les activistes LGBT de Saint-Pétersbourg, où une loi est en passe d’interdire la «propagande homosexuelle» (lire Saint-Pétersbourg: La mobilisation contre la loi homophobe doit continuer).
Un collectif d’associations russes et internationales – GayRussia, Equality St. Petersburg, Radio Indigo, le forum LGBT Grani, Marriage Equality, Moscow Pride Committee, Article 282, Pride House Sochi d’une part, le tout nouveau Kaleidoscope Trust, le Comité Idaho, Gay Liberation Network, Outrage ! et la Peter Tatchell Foundation d’autre part – lance aujourd’hui une campagne invitant celles et ceux qui se sentent solidaires des LGBT russes à écrire à la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) et aux Nations Unies.
LOIS SIMILAIRES
Des lois similaires au texte actuellement discuté au parlement de Saint-Pétersbourg sont déjà en vigueur dans les régions de Ryazan depuis 2006 et d’Arkhangelsk depuis septembre dernier.
En 2009, la CEDH et le Comité des droits de l’Homme de l’Onu ont été saisis d’une plainte contre la loi de Ryazan: deux activistes de GayRussia, Nikolai Baev (désormais président) et Irina Fedotova-Fet, avaient été arrêté-e-s pour avoir brandi une bannière proclamant que «l’homosexualité est normale» devant une école locale. La Cour constitutionnelle avait jugé la loi conforme à la Constitution. Nikolai Baev et Irina Fedotova-Fet se sont donc tourné-e-s vers la CEDH et l’Onu. «Aujourd’hui, avec ces deux affaires, il existe une possibilité de renvoyer les lois anti-gays aux oubliettes, non seulement en Russie mais dans toute l’Europe, souligne le communiqué commun des associations. Plus vite la Cour européenne des droits de l’Homme se penchera sur l’affaire Nikolai Baev c. Russie, plus vite nous obtiendrons une décision. Cette décision s’imposera à la Russie. Plus important, elle créera un précédent qui servira à Ryazan, à Arkhangelsk, en Ukraine, en Lituanie [où des propositions de lois comparables sont régulièrement évoquées, ndlr] et peut-être encore ailleurs.»
«10000 personnes peuvent faire beaucoup simplement en achetant un timbre et une enveloppe», a déclaré Nikolai Alekseev, fondateur de GayRussia. «Nous sommes fières de soutenir les courageux/ses LGBT de Russie dans leur campagne pour faire échec à ces nouvelles attaques contre les droits humains et la liberté d’expression des LGBT, a ajouté le militant britannique Peter Tatchell. Nous exhortons l’Union européenne, les Nations Unies et le Conseil de l’Europe à s’assurer que la Russie respecte les conventions des droits humains qu’elle a signées et qu’elle s’est engagée à appliquer.»
La discussion de la loi au parlement de Saint-Pétersbourg intervient en pleine campagne pour les élections législatives du 4 décembre. «S’en prendre aux LGBT est un moyen d’attirer le soutien des organisations religieuses et nationalistes», s’inquiètent les associations, qui précisent que, s’il est adopté, voire étendu à toute la Russie, le texte ne fera qu’inscrire dans la loi ce qui est déjà appliqué dans les faits. Les interdictions répétées des différentes manifestations LGBT, dont la Moscow Pride est la plus connue, vont déjà à l’encontre de la liberté d’expression et de rassemblement.
Mais au-delà de la mobilisation internationale, le collectif voit aussi dans ce combat une chance pour la communauté LGBT de mettre les querelles qui la divisent de côté et de s’unir contre ses véritables ennemis: les homophobes.
MODÈLES DE LETTRE
Le collectif propose des modèles de lettre (disponibles ici en anglais) à envoyer à la CEDH et au Comité des droits de l’Homme de l’ONU, les enjoignant à se pencher sur le dossier en priorité. Celles et ceux qui voudraient aller plus loin peuvent également saisir le ministère des Affaires étrangères de leur pays (France, Belgique, Suisse, Québec…), Catherine Ashton, vice-présidente de la Commission européenne, ou le Secrétaire général du Conseil de l’Europe Thorbjorn Jagland.
PINAR SELEK A STRASBOURG
RENCONTRE SUR LE THEME DE L’EXIL
Avec Mine Günbay, Wassyla Tamzali et Myriam
Chopin-Pagotto
Vendredi 9 Décembre à 17h
Salle de la bourse 1 place de Lattre de Tassigny
Dans le cadre du Festival Strasbourg Méditerranée
Pinar Selek, écrivain, sociologue, militante féministe, LGBT, pour les droits des minorités et anti-militariste, qui subit une répression politique depuis 13 ans en Turquie, vit depuis peu en exil à Strasbourg. Dans le cadre du Festival Strasbourg méditerranée, elle interviendra dans une rencontre sur le thème : Femmes et exil. C’est l’occasion de faire sa connaissance et de lui faire bon accueil puisqu’elle est désormais notre hôte à Strasbourg.
Pinar Selek, écrivain et sociologue, est également militante féministe, LGBT, pour les droits des minorités (Kurdes, Arménien-ne-s, Grecs/ques, Roms, enfants des rues, travailleuses du sexe, etc.) et anti-militariste en Turquie. Elle a entre autre co-fondé l'association féministe Amargi* à Istanbul qui est très active et qui a créé un des premières librairies féministes en Turquie. Elle est rédactrice en chef du journal féministe édité par Amargi. Elle a également mené des initiatives très intéressantes à Istanbul telles que des ateliers artistiques de rue, menés avec des enfants des rues, des trans' et des travailleuses du sexe. Dans le cadre de son travail de sociologie elle mène des recherches sur des questions liées aux discriminations et à la guerre. Elle développe une conception originale de la sociologie selon laquelle une recherche doit aboutir à une implication concrète auprès des personnes enquêtées. Elle a également écrit des romans et des nouvelles témoignant de son expérience ainsi que des contes pour enfants inspirés des histoires qu’elle a racontées aux enfants des rues. Ses travaux en tant qu’intellectuelle et son engagement politique sont indissociables.
Depuis 13 ans, Pinar Selek subit une persécution en Turquie : emprisonnement, torture, harcèlement judiciaire, elle risque actuellement la prison à vie et son prochain procès a lieu à Istanbul le 7 mars 2012. Cette persécution ne l’a pas réduite au silence : elle a continué à écrire, à militer, à faire des recherches sur des questions taboues, telles que par exemple la répression des trans’ ou la construction de la masculinité dans l’armée, dans une perspective critique, féministe et anti-militariste. A l’origine de cette persécution, ses recherches sociologiques sur les mécanismes et les conséquences de la guerre au Kurdistan, qui ont été confisquées, et le fait qu’elle ait eu des contacts avec des militant-e-s Kurdes exilé-e-s en Allemagne et en France, dans le cadre de ses entretiens avec les différentes parties du conflit. Le motif officiel de son inculpation et de l’acharnement judiciaire qui sévit contre elle depuis 13 ans : elle aurait posé une bombe, fabriquée dans les ateliers artistiques de rue, qui aurait fait exploser le marché aux épices d’Istanbul en 1998. Tous les rapports d’experts ont établi qu’il n’y avait pas eu de bombe et que l’explosion était due à une bonbonne de Gaz. Bien que Pinar Selek ait déjà été acquittée 3 fois, les jugements ont à chaque fois été cassés et les procédures relancées. Cette longue série de procès résulte aussi de forces antagonistes dans les instances juridiques en Turquie : d’une part des tribunaux avec des juges attachés à la notion de justice et de droit, de l’autre des instances menant une répression politique. Cette affaire est devenue en Turquie un enjeu démocratique qui mobilise un grand nombre d’avocats et toute la société civile, parce que c’est la liberté d’expression et d'opinion qui est en jeu. Parce qu’il existe aussi de réelles forces démocratiques en Turquie, tant dans la société civile que dans certaines institutions, les livres de Pinar Selek n’ont pas été interdits et ses recherches sociologiques sont actuellement beaucoup étudiées dans les universités turques.
Pinar Selek est contrainte de vivre en Exil depuis plus de 2 ans. Elle a d'abord vécu à Berlin et vient de s'installer à Strasbourg pour faire une thèse de sociologie sur les mouvements féministes et LGBT en Turquie. Elle est donc désormais notre hôte à Strasbourg et il nous appartient de lui faire bon accueil et de faire en sorte qu’elle puisse se sentir chez elle ici. Il nous appartient aussi de nous solidariser avec elle dans son combat. Mais c’est surtout une chance de l’avoir parmi nous : Son expérience, tant de chercheuse et d’artiste que de militante est très riche. Elle peut également beaucoup nous apprendre sur la société civile turque qui est très dynamique, et sur les mouvements, associations et intellectuel-le-s turcs/ques engagées dans les luttes contre les discriminations. Tout particulièrement sur les mouvements féministes et LGBT qui sont très importants et actifs en Turquie, mais aussi sur l’extraordinaire solidarité qui existe entre les différents mouvements de luttes, ce pour quoi en France nous sommes beaucoup moins doué-e-s.
Le vendredi 9 décembre à 17h à la salle de la Bourse, elle interviendra dans de cadre du Festival Strasbourg Méditerranée, dans une conférence sur le thème de l’exil et des femmes. Elle proposera entre autre un très beau texte sur l’exil. Ce sera l’occasion de faire sa connaissance et pourquoi pas de rejoindre son comité de soutien...
« Les Juifs sont de ceux qui ont fait l'expérience de l'exil d'une manière très lourde. Il y a un musée juif à Berlin avec un monument dans la cour. Le Monument de l'Exil. Des routes qui sont séparées les unes des autres par des murs, des routes qui arrivent les unes dans les autres comme un couloir...Vous y entrez et vous avez le vertige. Vous faites quelques pas et votre esprit devient flou. Son calcul mathématique est construit de telle manière que le sol est penché; les murs sont penchés...lorsque vous commencez à marcher, vous perdez votre équilibre. Vous ne pouvez pas sentir le sol sur lequel vous marchez et vous ne pouvez pas sentir les structures qui vous entourent. Ceci peut être apparenté à l'inaccoutumance. Cette petite expérience de vertige et de nausée, peut très bien nous indiquer ce qu'est la psychologie de l'exil. Vous ne maîtrisez pas le sol sur lequel vous êtes debout, c'est comme s'il était penché. Vous ne savez pas ce que vous pouvez faire avec les gens, les institutions et les structures qui vous entourent. C'est comme si tout était incliné. C'est une mauvaise sensation. »
(Pinar Selek « Loin de chez moi… mais jusqu’où » 2010)
* Lien sur le site en langue anglaise d'Amargi. On peut consulter le site en Turc ici
Site du comité français Pinar Selek
Site du comité turc Pinar Selek
14 évènements cette semaine, autant à venir la semaine prochaine ! Cette foison d'évènements est principalement due au Festival bisannuel "Strasbourg Méditerranée" qui propose plus de 90 manifestations en 2 semaines, dont de nombreuses rencontres avec des femmes exceptionnelles ! Donc en plus de l'agenda, n'hésitez pas à consulter le programme de Strasbourg Méditerranée, parce qu'il est impossible de reporter tous ces fabuleux évènements !
D'APRES UNE ENQUÊTE MENEE PAR CHRYSALIDE SUR LA SANTE TRANS
UNE PERSONNE TRANS SUR TROIS RENONCE A DES SOINS A CAUSE DES PREJUGES DU PERSONNEL SOIGNANT !
« Enquête Chrysalide 'Santé Trans 2011'
Objectifs :
Cette enquête a été menée du 1er décembre 2010 au 30 octobre 2011 par Chrysalide.
Elle avait pour objectif de récolter des informations sur la santé et la sexualité des personnes trans, qu’il s’agisse de leur rapport aux médecins, des prises de risques liés à la sexualité ou encore de leur orientation et préférences sexuelles.
Les présents résultats sont publiés le 20 novembre 2011 à l’occasion du Jour du Souvenir Trans 2011. Il s’agit d’une présentation globale des résultats. Une analyse plus détaillée sera publiée dans quelques mois. » (Chrysalide, page de présentation du pré-rapport de l’enquête santé trans’ 2011)
Voir quelques chiffres clefs du rapport
Lire le pré-rapport / Brochure virtuelle
Lire l'interview réalisée par Yagg, de Sophie Berthier, membre de Chrysalide
A consulter également :
Toutes les brochures prévention de Chrysalide :
Brochures en lecture virtuelle
Brochures à commander ou à télécharger
UN PRIVILEGE A STRASBOURG !
7EME FESTIVAL
« EXIL »
Strasbourg Méditerranée est un de mes festivals préféré : Durant les 15 jours que dure ce festival bisannuel, j’ai vraiment l’impression de vivre dans une de ces civilisations rêvées où convergent et se métissent avec splendeur les cultures, les arts et les savoirs… Strasbourg Méditerranée investit de nombreux lieux dans la ville et au-delà, et propose un temps et un espace fabuleusement riches en découvertes et en enseignements. Cultures méditerranéennes, mais aussi métissage des cultures méditerranéennes et des cultures européennes, du fait des exils et des migrations. Durant 15 jours convergeront à Strasbourg des artistes exceptionnel-le-s, musicien-ne-s, chanteurs/euses, comédien-ne-s, metteurs en scène, chorégraphes, danseurs/euses, réalisateurs/trices, écrivains, mais aussi intellectuel-le-s, universitaires, militant-e-s… Tou-te-s ont en commun d’allier un grand talent, une grande intelligence avec un véritable engagement politique pour lutter contre les discriminations. On peut évidemment ne pas être d’accord avec tout le monde, ne pas tout aimer, mais chacune de ces personnalités apporte quelque chose de précieux pour une vision au-delà des peurs, des replis, des partis pris rigides et des préjugés.
Le festival est le fruit de la mobilisation d’un impressionnant réseau associatif et culturel à Strasbourg, qui réussit l’exploit d’offrir une programmation de qualité exceptionnelle et avec un engagement politique peu commun, malgré un contexte politique très hostile. Promouvant les valeurs d’hospitalité, d’interculturalité et de métissage culturel dans un contexte français de replis identitaire et de montée du racisme dans toute l’Europe, le festival s’inscrit dans un moment historique, celui des révolutions arabes, et aborde cette année la thématique de l’exil :
« Aujourd'hui dans un monde globalisé où de plus en plus de femmes et d'hommes circulent, se déplacent, qu'en est-il de ces exilés qui sont souvent mis à l'épreuve dans leurs identités sociales, culturelles, politiques, ethniques, de genre, dans leurs références, leurs imaginaires, leurs univers matériel et symbolique ?
Le festival invite à aborder toutes les formes de l'exil, et les variantes qui lui sont souvent associées (émigration - immigration, voyages, errances, ostracismes, expulsions, exodes, diasporas, évacuations, expatriations, ...) : l'exil intérieur, l'exil dans son propre pays, dans son propre milieu, l'exil forcé, géographique, politique, économique, climatique, religieux, ou bien encore l'exil dit "volontaire" de ceux et celles qui vont chercher ailleurs de quoi nourrir de nouveaux espoirs, une hospitalité refondatrice, une humanité future.
Si l'exil est cet "ex" qui signifie en latin "hors" et renvoie à un hors lieu, qui peut être celui de la souffrance et de la séparation, c'est aussi une terre de résistance et de création, de fécondation et de renouvellement, aux multiples apports. Un horizon d'espérance et d'émancipation, une ouverture sur l'autre et sur le monde. L'expérience de l'exil a en effet inspiré, stimulé de nombreuses créations artistiques, littéraires, philosophiques, exprimant les affres de la rupture et de l'éloignement, la solitude, la nostalgie, le manque, la perte, voire la culpabilité d'un abandon mais aussi le sentiment d'une re-naissance, l'espoir d'un re-commencement et d'un monde meilleur. » (Salah Oudahar, directeur artistique, édito du festival)
Le festival propose en l’espace de 15 jours plus de 90 manifestations ! Il m’est évidemment impossible de toutes les reporter dans l’agenda du blog. J’ai donc fait une sélection plutôt féministe des évènements que j’ai mis en avant dans l’agenda, parce que pour les féministes de Strasbourg, ce festival est aussi un moment privilégié réunissant des femmes exceptionnelles : Pinar Selek (le 9 décembre), écrivain, sociologue et militante féministe, LGBT et pour les droits humains, créative et inventive dans son engagement pour les droits des minorités (enfants des rues, Kurdes, trans’), persécutée dans son pays la Turquie et contrainte à l’exil; Sevval Sam (le 26 novembre), chanteuse, comédienne, compositrice de musique de film turque, qui chante dans les langues de diverses minorités en Turquie ; Nouara Naghouche, (le 29 novembre)comédienne et humoriste « alsacienne-Algérienne », qui incarne de multiples personnages de notre société bigarrée et ose aborder dans un spectacle humoristique les violences sexistes et racistes ; Cahina Bari (le 30 novembre), conteuse Colmarienne, qui raconte ces femmes anonymes dont l’histoire n’a rien d’ordinaire dans des contextes de guerres, de déracinement et de double-identité ; Milouda Chaqiq (le 1er décembre), slameuse marocaine exilée en France, héroine qui a affronté sa condition de femme et de sans-papier pour conquérir sa liberté ; Latifa Laâbissi chorégraphe et Sophiatou Kossoko (le 1er décembre), danseuse, qui défient les illusions, les clichés et les représentations racistes et réinventent une chorégraphie politique qui ne craint pas le grotesque ; Kaoutar Archi (le 3 décembre), romancière Franco-Marocaine au talent précoce, auteur de fictions politiques qui aime a se projeter dans des personnages masculins ; Nacira Guenif-Souliamas (le 3 décembre), sociologue féministe qui décrypte les préjugés sur les femmes musulmanes et les aprioris sur l’émancipation des femmes ; Sonia Tebbakh (le 3 décembre) qui décrypte les représentations et les préjugés sur les français d’origine maghrébine ; les femmes de la compagnie « Les Clandestines » (le 3 décembre) qui chantent et mettent en scène l’exil des Italien-ne-s au 19ème et 20ème siècle ; Leïla Kilani (le 5 décembre), réalisatrice marocaine engagée, qui porte un regard politique au travers de fictions et de documentaires sur le thème de la quête de la liberté et propose un regard inédit sur les migrant-e-s ; Francesca Maria Corrao (le 6 décembre), traductrice de poètes arabes anciens, qui explore la civilisation arabo-sicilienne ; Ajda Ahu Giray (le 6 décembre), chanteuse Turque qui combine dans son répertoire les cultures turques, françaises et italiennes ; Souad Massi (le 9 décembre), chanteuse algérienne qui mêle les cultures arabo-andalouse, rock et folk dans son répertoire… et bien d’autres encore…
Mais ce serait vraiment dommage de se limiter à une exploration féministe de ce festival. S’il peut être difficile financièrement de s’offrir plusieurs spectacle payants, le festival propose aussi de nombreux évènements gratuits de grande qualité : projections de film, rencontres, conférences, salon de thés et jeux de société…
Alors surtout n’hésitez pas à consulter le programme de Strasbourg Méditerranée !
TDOR :
RAPPEL DES REVENDICATIONS DE SUPPORT TRANSGENRE STRASBOURG
Affiche réalisée par Homozygote Reims
Samedi 19 novembre, au cours du rassemblement pour la 13ème Journée Internationale de la Mémoire Transgenre, Support Transgenre Strasbourg a rappelé ses revendications, je cite :
" Nous exigeons :
- la fin de toutes les discriminations par lesquelles l'état français nous exclut, et tout particulièrement:
la fin de la pathologisation et de la médicalisation de la transidentité,
la fin des stérilisations forcées des personnes transidentitaires,
l’abolition de la mention de genre ou du sexe dans tous les papiers d'identité,
l'abolition du premier chiffre du numéro de Sécurité Sociale,
la prise en compte de la lutte contre la transphobie dans la législation de l'état français ;
- le respect de nos droits égaux, dus à touTEs les humainEs, droits qui nous sont systématiquement refusés à ce jour :
Droits Humains, droit à l'emploi, droit au séjour, droits de santé, droits sociaux, maritaux, familiaux, parentaux... ;
- la fin de ce système politique criminel transphobe et hétéropatriarcal, afin que cesse ce massacre cautionné par les Etats et leurs gouvernements.
Ces revendications sont d'ailleurs partagées et soutenues explicitement par le Conseil de l'Europe et le Parlement Européen : à bons entendeurs !
NOS MORTS SONT DES CRIMES POLITIQUES, NOS VIES DOIVENT DONC ÊTRE DES LUTTES POLITIQUES
"
JOURNEE INTERNATIONALE DE LA MEMOIRE TRANSGENRE
MOUVEMENT LGBTI DE STRASBOURG : LA HONTE !!!
Observez bien l'affiche ci-dessus, parmis les mots évoquant les différentes formes que prennent la discrimination et les violences transphobes, il y a : INVISIBILISE-E-S. Parce que l'invisibilisation de la transphobie, de ses conséquences souvent mortelles, et des revendications des associations et personnes transgenres contribue à légitimer la discrimination et les violences transphobes !
Alors ouioui, c'est mal d'avoir un discours culpabilisant et chaque année je la ferme, alors qu'à part quelques féministes et lesbiennes et quelques très très rares gays on ne voit pas grand monde solidaire au rassemblement annuel pour la journée internationale de la mémoire transgenre qui rassemble habituellement une cinquantaine de personnes ! Et une cinquantaine de personnes, à Strasbourg, c'est déjà très très peu en regard du monde qui participe à la marche des visibilités ou à la marche du 1er décembre deux manifestations qui sont importantes, mais le sont tout autant que la Journée Internationale de la Mémoire Trangenre ou que la Journée Internationale des Intersexes !
Mais cette année, on bat le record de désaffection et d'indifférence ! Seulement une dizaine de personnes au rassemblement... Aucune association qui revendique le sigle "LGBT" ou "LGBTI" représentée ni aucune association gay ou lesbienne (il n'y a pas d'association bisexuelle et intersexu.é.e à Strasbourg)... Les passant-e-s sur la place Kleber se sont montré-e-s plus impliqué-e-s que les personnes et associations LGBTI* (une trentaine de passant-e-s ont rejoint le rassemblement en s'arrêtant, en écoutant, en lisant les tracts et en restant jusqu'au bout)... C'EST LA HONTE !!!
Une tendance odieuse qui se confirme à Strasbourg : exit les revendications trans' cette année à la marche des visibilités, et d'ailleurs dans la plupart des marches des visibilités dites "LGBT" françaises 2011 à part à Nancy et Montepellier et peut-être dans une ou deux villes. Je ne parle pas des contenus des programmations des semaines qui pouvaient ici ou là (dont à Strasbourg) contenir un évènement qui traite des droits des trans', je parle des plateformes de revendications (Strasbourg battant cette année le record de pauvreté en terme de revendications politiques, on a d'ailleurs défilé derrière un char NRJ...) A Strasbourg on a même vu ressurgir la dénomination "Lesbian and Gay Pride", sois disant un label nécessaire qu'il fallait absolument afficher pour faire partie de l'inter-pride selon les responsables de la marche, alors que depuis sa création il y a 10 ans cette marche s'intitulait marche des visibilités LGBT (manque encore le I de intersexes) et alors que la plupart des marches membres de l'interpride s'intitulent "marche des visibilité LGBT". La dénomination "marche des visibilités LGBT" a été rajoutée in extrémis parce que ... 2 ou 3 personnes (et pas une seule association dite "LGBT" ou "LGBTI") sont montées au créneau, 2 ou 3 personnes qui n'ont pas manqué de susciter l'agacement parce qu'on a trouvé qu'elles "pinaillaient"...
Les association et personnes LGBTI*, en particulier à Strasbourg, se doivent de réfléchir à leurs responsabilités. On ne peut pas se revendiquer "LGBT" ou "LGBTI" si dans la pratique on est incapable de se solidariser quand des trans' font une action publique pour faire entendre leurs revendications et visibiliser les violences et discriminations trop souvent meurtrières qu'elles/ils subissent (1 fois par an à Strasbourg, ça ne demande pas non plus une disponibilité exhorbitante) ! C'est totalement hypocrite ! Il y a une vingtaine d'associations LGBT/LGBTI à Strasbourg, ce n'est pas le bout du monde d'envoyer au moins un-e représentant-e par association. La desaffection LGBT à une manifestation publique pour les droits des Trans' est une manifestation publique de la désolidarisation du mouvement LGBTI* dans son ensemble de la cause Trans' (le T de LGBTI*). Il ne faut pas s'étonner si les pouvoirs publics en France continuent de discriminer de manière inacceptable les personnes trans', bien plus encore que les personnes homosexuelles ! Ce n'est pas un hasard si en France la discrimination transphobe est toujours parfaitement légale (voir le communiqué de l'Association Nationale Transgenre) ! Il faut tout de même se demander pourquoi on en arrive à un point où des institutions européennes, telles que le Parlement Européen avec la résolution 1728(10) et le Commissaire aux Droits de l'Homme avec les recommandations concernant les discriminations basées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre, vont plus loin concernant les droits des trans' que les revendications de la plupart des associations françaises dites "LGBT"... Quelle crédibilité politique peut avoir le mouvement LGBTI* face aux pouvoirs publics dans ces conditions ? Dans les marches des visibilités "LGBT", les trans', les intersexué.e.s, les bisexuel-le-s, les féministes, les réfugié-e-s et exilé-e-s LGBTI,* les LGBTI* hadicapé-e-s etc... et leurs proches défilent en nombre pour soutenir les revndications mises en avant. On ne peut pas d'un côté mobiliser le mouvement LGBTI* dans son ensemble pour mettre en avant le mariage et la parentalité homo comme c'était la tendance pour les prides 2011 et d'un autre côté afficher une indifférence crasse pour les droits des trans', des intersexes, des bisexuel-le-s, des réfugié-e-s LGBTI*, des séropositifs/ves, des LGBTI* cibles de racisme , de classisme, de sexisme, d'handiphobie etc... Organiser ici ou là un évènement sur l'une ou l'autre de ces thématiques, ou y assister quelquefois, même si c'est utile et nécessaire et qu'il faut encourager les trop rares associations LGBTI* qui le font et les trop rares personnes qui s'informent, ne suffit pas pour dépasser le stade de la bonne conscience et arriver à un mouvement solidaire qui soit à la hauteur de sa dénomination "LGBT" ou "LGBTI" !
Pour celles et ceux qui ignorent encore les discriminations transphobes et les revendications trans', des textes existent, en voici quelques uns (d'autres à venir sur ce blog) ! Vous pouvez aussi consulter les sites des associations Trans' !
* LGBTI = Lesbiennes, Gays, Bisexuel-le-s, Trans' et Intersexes : Mais je ne jette pas la pierre aux
intersexes qui sont encore plus invisibilisé.e.s que les tranns', ni aux bisexuel-le-s qui le sont tout autant que les trans'...
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