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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 04:41

  
AUTOUR DU 8 MARS
JOURNEE INETRNATIONALE
DES FEMMES

 

"AVORTEMENT, UNE LIBERTE FRAGILE"
de Régis Sauder (2004)


LUNDI 9 MARS 2009 A 18H
A LA FAC DE DROIT
1, place d'Athènes, campus esplanade, Strasbourg
ET A LA FAC DE MEDECINE
rue Kircshleger, près de l'hopital civil, Strasbourg
Organisé par La Mutuelle Des Etudiants d'Alsace





Dans cet excellent documentaire, on découvre à quel point le droit à l'avortement est de plus en plus menacé dans la réalité (
en savoir plus sur le film, voir des extraits du film). Ce film est projeté dans le cadre d'un événement organisé par La Mutuelle Des Etudiants d'Alsace sur le campus universitaire, à l'occasion du 8 mars journée internationale des femmes (voir programme de la journée du 9 mars). Excellente initiative que de projeter ce documentaire à la faculté de médecine et à la faculté de droit de Strasbourg ! Car le droit à l'avortement est notament mis en danger par la pénurie de praticiens et la recrudescence des offensives des antis-avortement et de leurs alliés parmis les élus, alors même que la loi Veil limite ce droit de manière très contraignante pour les femmes ! 



Pour ce qui de la pénurie de praticiens, savoir que l'avortement est considéré aujourd'hui comme une pratique médicale peux valorisante dans les milieux médicaux : peux lucrative, cette pratique ne nécéssite pas un savoir-faire « hautement spécialisé » (avant la loi Veil, des infirmères, des sages-femmes et même des militantes du MLAC le faisaient tout aussi bien que des médecins). C'est pourquoi très peux de médecins parmis les nouvelles générations, se forment à cette pratique pourtant rigoureusement interdite aux « non-médecins ». Lors de l'adoption de la loi Veil en 1975, de très nombreux médecins avaient fait l'expérience traumatisante des méfaits de la pénalisation de l'avortement : avortements clandestins, pratiqués dans de très mauvaises conditions pour les femmes les plus pauvres, entraînant fréquement de graves complications : des millions de femmes en sont mortes. La plupart des praticiens de l'avortement font partie de cette génération de médecins ayant connu "l'avant loi Veil" et qui part depuis quelques années à la retraite. Les nouvelles générations, moins sensibilisées, ne prennent pas la relève. A Strasbourg, nous sommes parmis les dernières localités en France à ne pas être confrontées à cette pénurie. Cela tient entre autre à l'engagement du service du professeur Nizan. Mais dans de nombreuses autres villes françaises, les centres de planning familial alertent sur les conséquences de la pénurie de praticiens et de la baisse des moyens hospitaliers : de plus en plus nombreuses sont les femmes qui dépassent le délais légal pour avorter alors qu'elles ont entrepris les démarches nécessaires dès le constat de leur grossesse, tant les délais pour obtenir les rendez-vous avec les praticiens se sont allongés. Ces femmes sont alors obligées d'aller avorter à leur frais à dans les pays voisins ou les délais légaux sont plus longs.




Si cette pénurie de praticiens s'est quelque peux atténuée ces dernières années, la casse des services publics de santé est venue prendre le relais pour menacer l'accès à l'avortement. A cela s'ajoute la baisse drastique des subventions allouées au planning familial, un service essentiel pour l'accès des jeunes à la contraception, à l'avortement et à l'inforamtion sexuelle. Le tout dans un contexte politique marqué par le retour en force des offensives des anti-avortements, intégristes chrétiens qui prétendent contrôler le corps des femmes, ainsi que par de multiples tentatives ces dernières années, de responsables gouvernementaux et d'élus de faire passer des mesures fragilisant le droit à l'avortement, comme par exemple la tentative de faire passer une loi pénalisant le délit "d'interruption involontaire de grossesse" (comment l'interruption volontaire de grossesse aurait-elle pu rester légale, si l'interruption involontaire de grossesse était devenue illégale ???).



La loi Veil de 1975, modifiée en 2001 limite elle-même le droit à l'avortement : elle ne se contente pas de dépénaliser l'avortement, mais le réglemente de manière contraignante : délais de 10 semaines, porté en 2001 à 14 semaines du fait de l'allongement des délais d'attente; pratique exculivement réservée aux médecins, alors qu'elle est à la porté de sages femmes et d'infirmières (l'expérience du MLAC l'a démontré); entretiens préalables obligatoires (qui peuvent être utiles mais pourquoi obligatoires ???); obligation pour les associations pratiquant les entretiens préalables à faire en sorte que autant que possible la décision soit prise "en couple" (encore une limite à l'autodétermination des femmes quand au contrôle de leur corps); délais d'attente d'une semaine obligatoire après l'entretien obligatoire (très embêtant quand les délais pour obtenir un rdv pour avorter sont déjà très longs !); jusqu'en 2001, interdiction d'informer le grand public sur l'avortement et ses moyens; l'accès à l'avortement pour les étrangères est limité aux seules "résidentes", encore faut-il qu'elles prouvent qu'elles résident en France; jusqu'en 2001, le nombre d'IVG autorisées pour les établissements hospitaliers était limité au quart de l'ensemble des actes chirurgicaux (peux importait si les services pratiquant l'IVG étaient insuffisants dans une région); enfin, si les membres du corps médical sont tenus d'intervenir quand la santé de leur patients est menacée, "en aucun cas" il ne sont tenus de pratiquer un avortement ou de participer à un avortement, donc quand bien même cela mettrait en danger la santé psychique ou physique de leur patiente, quand bien même cela a pour conséquence (et c'est arrivé) d'empêcher une femme d'avorter dans les délais légaux (on aurait pu pourtant envisager que les médecins, infirmièrEs, sages-femmes diploméEs après la loi Veil aient à choisir entre pratiquer leur métier, incluant l'avortement ou opter pour un autre métier...). A noter que les droit pour une femme de demander à son médecin une IVG n'a été étendu à Mayotte, aux territoires d'outre-mer et à la Nouvelle Calédonie qu'en 2001 !!!  A noter également que certaines contraintes prévues par la Loi Veil et inapplicables dans les territoires d'outre-mer n'ont été adaptées aux conditions locales qu'en 2001 ...



Il importe de soutenir l'initiative de ces projections du documentaire "Avortement, une liberté fragile", non seulement pour voir cet excellent documentaire (beaucoup plus interessant que le film "Les bureaux de dieux"), mais aussi pour participer aux débats qui suivront : c'est généralement à ce genre d'occasions que les mouvements anti-avortement, qui recrutent de plus en plus parmis les étudiantEs, envoient des émissaires pour faire leur immonde propagande ! Et l'occasion serait trop belle pour eux de ne pas venir culpabiliser des étudiantEs en médecine et en droit que le film pourrait sensibiliser ! Dans les projections-débat leur stratégie favorite est l'apparence de la volonté de dialogue; mais ne vous y trompez pas, vous entendrez toujours le même argument fallacieux : l'alternative à l'avortement serait l'adoption... Sauf que ça se saurait si en l'absence de droit à l'avortement il se trouvait suffisament de monde pour adopter les enfants que les femmes ont sous la contrainte ! Avant la dépénalisation, la grande majorité des femmes avortaient, au péril de leur vie ou de leur santé et combien d'enfants se retrouvaient dans des orphalinats ou on les maltraitait et les laissait crever de faim ! Or les anti-avortement militent pour un retour à la pénalisation de l'avortement et bien qu'ils se disent "pro-vie", se fichent autant du bien être des enfants que de celui des femmes !

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Published by radiocancan - dans Actu
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