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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 16:25


Communiqué de Chrysalide du 02/05/2009.

Contact : chrysalidelyon@yahoo.fr


RAPPORT DE LA HAS : ATTENTION, DANGER!


En 2004, la HAS, Haute Autorité de Santé (alors appelée ANAES) a commencé un travail de réflexion sur la prise en charge médicale des personnes trans.


Les associations dénoncent depuis de nombreuses années la classification du «transsexualisme» parmi les maladies mentales et des abus pratiqués par le corps médical. On citera pour exemple quelques critères discriminatoires utilisés par des personnes qui se présentent pourtant comme spécialistes :


avoir entre 25 et 40 ans,

ne pas être marié-e

ni avoir d'enfants mineurs,

être séronégatif-ve

avoir des revenus stables,

être hétérosexuel-le dans le genre revendiqué,

etc.


Cependant, il est actuellement possible pour les personnes trans d'effectuer une transition en ayant recours à des médecins ayant une vision respectueuse de la transidentité, c'est-à-dire en acceptant qu'un individu, quel qu'il soit, est à même de définir son identité de genre, et en abordant la transidentité non pas en partant du postulat que c'est une pathologie psychiatrique, mais en considérant qu'il s'agit d'une identité à part entière.


En avril 2009, après plus de 4 ans et demi de travail, la HAS a enfin rendu publique ses conclusions


( Rapport de la HAS ).


Les associations n'ont été reçues que lors de deux réunions d'une demi-journée: l'une en septembre 2004 pour écouter les revendications, l'autre en août 2008 pour leur présenter le travail qui avait été fait en collaboration avec les médecins. En dehors de ces réunions, aucun travail commun n'a été effectué avec le tissu associatif. Le rapport de la HAS reflète d'ailleurs ce manque de dialogue, puisque le point de vue des associations n'est présenté que de manière symbolique.


Les solutions présentées dans le rapport de la HAS sont extrêmement dangereuses et reflètent l'absence de volonté d'entendre le tissu associatif.


Le parcours proposé par la HAS est le suivant :


- La personne trans doit prendre contact avec une équipe protocolaire.

- Un diagnostic différentiel de "transsexualisme" doit être posé par un psychiatre de l'équipe.

- La personne trans doit subir un "test de vie réel", d"une durée minimale de 3 mois, au cours duquel elle doit vivre dans le genre revendiqué, y compris au niveau professionnel. Elle doit également informer sa famille de son changement de situation.

- L'hormonothérapie comporte deux phases : une première phase consistant en la prise d'anti-androgène pour les femmes, et d'anti-oestrogènes pour les hommes, puis une seconde phase comprenant la prise d'hormones à proprement parler : oestrogènes pour les femmes, testostérone pour les hommes.

- Seul un médecin faisant partie d'une équipe protocolaire est autorisé à prescrire le traitement hormonal.

- Le délai de 2 ans d'attente après le début de la prise d'hormones est suggéré avant de pratiquer une opération de changement de sexe génital.


Ce qu'implique le parcours proposé par la HAS :


- La transidentité est perçue comme une pathologie à diagnostiquer, ce qui va à l'encontre de ce que les associations demandent depuis des années.

- La personne n'est pas considérée comme apte à se définir elle-même et n'est pas considérée comme pouvant disposer librement de son corps.

- Imposer à une personne de s'habiller dans le genre revendiqué sans traitement hormonal l'expose dans la rue aux insultes et à des violences extrêmes si elle n'a pas la chance de bénéficier d'une morphologie adaptée.

- Imposer à une personne d'informer son employeur de sa transidentité et d'aller travailler dans la tenue vestimentaire correspondant au genre revendiqué sans traitement hormonal alors même que la transphobie n'est pas reconnue par la loi a pour conséquence le licenciement de nombreuses personnes.

- Imposer à une personne d'informer sa famille ne respecte pas la manière spécifique à chaque individu de choisir à quel moment de sa vie il souhaite parler à ses proches de sa situation.

- Certaines des molécules préconisées dans la première phase de traitement hormonal ont des effets secondaires dangereux (dépression, prise de poids importante, douleurs utérines, dégradation du foie ...), et sont même interdites dans certains pays.

- Imposer à des personnes de consulter des médecins spécifiques alors qu'il ne s'agit pas d'une spécialité médicale est contraire au principe du libre choix de ses médecins, garantit par l'article R4127-6 du code de santé publique.

- Les personnes qui ne sont pas acceptée dans le protocole n'auront aucun recours pour effectuer leur transition en étant accompagnée par des médecins. Elles seront donc contraintes à l'automédication ou au suicide.


Au final, ce protocole met donc les personnes dans des situations de précarité sociale importantes et les expose quotidiennement à des violences verbales et physiques. Il exclue de plus définitivement un nombre important de personnes, qui seront contraintes à l'automédication, et donc à des prises de risques considérables pour leur santé.


Chrysalide appelle donc chacun, associations, élus, personnes trans, et tout citoyen concerné par les droits de l'homme, à répondre à l'enquête publique sur le rapport de la HAS ( pour répondre à l'enquête ) avant le 31 mai 2009, en dénonçant les conclusions qu'elle propose.


Lisez la réponse de Chrysalide à l'enquête publique sur le rapport de la HAS 


Chrysalide

www.chrysalidelyon.free.fr

chrysalidelyon@yahoo.fr

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Published by radiocancan - dans Actu
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