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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 16:45


Communiqué de Support Transgenre Strasbourg du 11/05/2008

Contact : sts67@sts67.org


TRANSPHOBIE ET MASCARADE CYNIQUE, L'ÉTAT FRANÇAIS SE SURPASSE !



Le 3 avril 2009, la Haute Autorité de Santé, ou HAS, anciennement nommée ANAES, a enfin, après quatre ans et demi de gestation, accouché d'un rapport [1], pourtant désigné par elle comme juste « intermédiaire », faisant état de ses réflexions et recommandations sur la prise en charge médicale des personnes transgenre [2] en France. Support Transgenre Strasbourg lui a répondu le 21 avril 2009 sur le fond [3] : en résumé, nous considérons ce rapport comme hautement rétrograde et comme une insulte faite aux personnes transgenre.


Comme d'ailleurs toute la procédure qui a mené à ce rapport depuis septembre 2004 est en fait une insulte : « convocation » (et non pas invitation) de personnes transgenre de toute la France à des réunions difficilement accessibles aux non-parisienNEs, fixation d'une réunion à une date inacceptable (le 20 novembre 2006, Journée Internationale de la Mémoire Transgenre [4]), refus aléatoire du remboursement des frais de déplacement à ces réunions « convoquées » (alors que la plupart des transgenre sont notoirement en situation financière délicate), filtrage des « convoquéEs » (la HAS ne voulait surtout pas de militantEs aux réunions...), réunions « privées », non annoncées, avec certainEs « patients » sélectionnéEs selon des critères obscurs, politique d'information sélective envers les groupes/associations de personnes transgenre, etc, bref : mesures de division et de manipulation sous toutes leurs formes.


Nous considérons ce rapport comme une manoeuvre évidente supplémentaire dans la politique d'élargissement du contrôle social répressif que l'État français exerce depuis une trentaine d'années envers les transgenre.


Ce constat ne nous surprend bien entendu pas : la mauvaise foi de l'ANAES/HAS face à nos revendications communes réitérées ( compte rendu de la première réunion du  27/09/04, lettre ouverte du 20 Novembre 2006 ) [5][6] était flagrante depuis le début de cette procédure en septembre 2004. Tout se passe depuis le début comme si nous parlions une langue inintelligible par l'État français, comme si l'oppresseur ne savait/voulait mener qu'un dialogue de sourdEs avec les oppriméEs que nous sommes. La définition de l'opprimé que fournissait Christiane Rochefort [7] n'a décidément rien perdu de son actualité.


Or, l'insulte transphobe répétée faite aux transgenre par l'État français à travers ses exécutantEs obéissantEs et zéléEs ne s'arrête pas là, elle se surpasse même cette fois-ci: la HAS ose demander aux transgenre un avis qui ne l'oblige à rien, elle, à travers une «consultation» [8] publique qui a tout d'une mascarade, puisque la HAS n'a manifestement pas l'intention de tenir compte de notre avis « consultatif » : de qui se moque-t-on ?


On se moque des personnes transgenre, une fois de plus, et de façon particulièrement cynique cette fois-ci : on nous demande un avis « consultatif », donc sans effet, sur un texte qui recommande de faire reculer nos droits au lieu de les faire avancer comme nous le réclamons depuis des années. On nous demande donc de pratiquer le Syndrome de Stockholm [9] en participant à notre propre oppression. De fournir à celle-ci une justification afin de soutenir nos oppresseurs et bourreaux, en somme. On aurait du mal à faire plus cynique.


Chez Support Transgenre Strasbourg, nous trouvons que cette fois-ci la coupe est décidément pleine, que ça suffit, que quatre ans et demi de cette mascarade transphobe sont définitivement assez :


Nous appelons par conséquent toutes les personnes transgenre de France à ne surtout pas répondre à cette « consultation », à ne pas tomber dans le piège qu'on nous tend, à le boycotter, et à dire haut et fort pourquoi :


- Parce que nous ne sommes plus dupes des manigances transphobes de l'État français.


- Parce que nous avons compris que toute pathologisation et toute médicalisation de la transidentité ne servent qu'à masquer les origines purement idéologiques et politiques de nos souffrances et exclusions.


- Parce que nous avons compris que c'est la transphobie, et en tout premier lieu celle qu'exerce l'État français, qui nous assigne au statut de soi-disant « malades », d'exclues, de « tares » qu'on cherche à rendre invisibles et à supprimer. Et ceci dans le seul but afin de maintenir intacte la doctrine de la soi-disant « norme » binaire des sexes et des genres sur laquelle cet État base très largement son pouvoir.


- Parce que nous en avons assez de payer de nos droits humains et civiques ce qui profite à cet État oppressif.


- Parce que nous demandons désormais des réponses politiques, et non plus médicales, à des questions politiques.


Outre nos revendications maintes fois répétées [5][6], nous exigeons désormais :


- Que le corps médical soit définitivement déchu de tout droit de regard sur nos vies de transgenre. Nous exigeons de ne plus traiter avec des médecins, mais avec leurs donneurs/-ses d'ordres, les responsables politiques, afin que soient enfin prises les décisions nécessaires à l'exercice réel de nos droits humains et civiques égaux.


- Que toutes les discriminations transphobes exercées par l'État français soient abolies, y compris, et notamment, toute pathologisation et médicalisation de la transidentité, qui servent d'alibi à la discrimination des personnes transgenre par cet État.


- Que l'État français mette en place une vraie lutte contre toute transphobie, à commencer par la sienne, dans toute la société française.


- Que l'État nous paie réparation de tous les dégâts qu'il nous a causés au fil des décennies, et qu'il continue de nous causer au présent.


Et aux personnes transgenre nous disons : Quand est-ce que nous changerons enfin cet État et cette société transphobes, au lieu de chercher à nous y conformer ?


Comme le disait si bien Christiane Rochefort : il est temps de « sortir les couteaux ». D'établir enfin un rapport de force avec nos oppresseurs. D'agir au lieu de subir. De lutter contre l'oppression par des actes, au lieu de la soutenir par des paroles.



Support Transgenre Strasbourg le 11 mai 2009

www.sts67.org

sts67@sts67.org




Notes :


[1] en bas de cette page :

http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_766400/projet-de-rapport-sur-la-prise-en-charge-du-transsexualisme-la-has-ouvre-une-consultation-publique


[2] En conformité avec la nomenclature internationale courante, nous appelons « transgenre » toute personne qui s'auto-déclare transidentitaire, selon quelque critère et dans quelque mesure que se

soit.


[3] http://sts67.org/dl/text/2009-04-21_reponse_STS_HAS.txt


[4] http://www.rememberingourdead.org/


[5] http://sts67.org/dl/text/2004-10-19_cr_et_cp_ANAES.txt


[6] http://sts67.org/dl/text/2006-11-20_lettre_ouverte_Etat_HAS.txt


[7] http://1libertaire.free.fr/Rochefort01.html


[8] http://consultation.has-sante.fr/transsexualisme/transsexualisme.HTM


[9] http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Stockholm




Support Transgenre Strasbourg le 11 mai 2009

www.sts67.org

sts67@sts67.org

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Published by radiocancan - dans Actu
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