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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 15:14

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TDOR : TRANSGENDER DAY OF REMEMBRANCE

JOURNEE INTERNATIONALE DE LA MEMOIRE TRANSGENRE

 

SAMEDI 20 NOVEMBRE

 

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Chaque année ce sont des centaines de personnes transgenres qui sont assassinées dans le monde, y compris en France. En France, le changement de genre dans l'état civil est soumis à des conditions inhumaines et dégrandante et à l'arbitraire des juges : obligation de stérilité (ablation des organes reproducteurs), expertises et examens humiliants et dégradants (par exemple un transboy a du faire des pompes pour prouver qu'il est un homme...) voire violents (examen du vagin pour les femmes transgenres opérées, qui peut être vécu comme un viol)...  Ces opérations, examens et expertises imposé-e-s pour obtenir un changement d'état civil sont extrèment coûteux et pour la plupart à la charge de la personne transgenre. Une personne transgenre ne peut pas changer le genre dans son état civil si elle est mariée ou si elle a des enfants. Une personne transgenre ne peut pas changer son état civil si dans son genre d'arrivée elle n'a pas un mode vie "hétérosexuel" : à savoir, une femme transgenre (homme vers femme) doit aimer les hommes, un homme transgenre (femme vers homme) doit aimer les femmes pour pouvoir changer d'état civil. Ainsi une personne transgenre qui continue d'aimer après sa transition sa compagne ou son compagnon se voit dans l'obligation de se séparer de la personne aimée (divorce s'il y a eu marriage) ou de cacher sa relation,  pour avoir une chance de pouvoir changer d'état civil... A l'inverse,  une personne ayant un état civil "homme" et une personne ayant un état  civil "femme", mais ayant toutes les deux le même genre social  ne peuvent pas se marrier (ont l'a vu dans l'affaire de Camille et Monica). Pourtant l'orientation sexuelle et l'identité de genre sont deux choses différentes  et indépendante l'une de l'autre.  Dans ces conditions, très peu de personnes trasngenres ont la possibilité de mettre leur papiers d'identité en conformité avec leur genre et sont maintenues dans une situation de non-droit : toute démarche nécessitant la présentation des papiers d'identité  (comme par exemple le vote, le fait de retirer un colis à la poste, un contrôle d'identité, le fait de postuler pour un emploi...) est très problématique et expose les personnes transgenres à des discriminations permanentes. A Strasbourg nous avons été amené-e-s à défendre une femme réfugiée trangenre Philippine qui était enfermée au centre de rétention de Geispolsheim dans le département des hommes, contrainte de dormir dans une chambre collective d'hommes, fouillée par des gendarmes hommes, et exposée en permanence aux humiliations, agressions sexuelles et menaces de viol. Il a été impossible d'obtenir qu'elle soit transférée dans le département des femmes ou ait une chambre seule. Les gendarmes ne cessaient de l'appeler "Monsieur" devant tout le monde, alors qu'on était bien en présence d'une femme... mais elle avait des papiers d' "homme". En première instance, la juge des liberté a refusé de reconnaître le danger auquel était exposée cette femme. Il a fallu attendre la procédure d'appel pour qu'elle soit mise hors de danger et libérée. Là encore, la reconnaissance du genre de cette femme a été soumise à l'arbitraire des juges....  Pourtant, c'est bien parce qu'elle était considérée comme une femme qu'elle était en danger au centre de rétention : bien que les gendarmes l'appellent "monsieur" -papiers obligent-, c'est comme une femme qu'elle a été maltraitée... La loi française ne reconnait pas la discrimination transphobe : ainsi, les personnes transgenres subissent des discriminations à l'emploi, au travail, dans la rue, dans l'exercice de leurs droits, en famille, sans possibilités de se défendre. Lorsque des personnes transgenres sont agressées, violentées en raison de leur identité de genre, la loi française ne reconnait pas le facteur aggravant de transphobie comme elle reconnait le facteur aggravant d'homophobie ou de sexisme. Bien que le ministère de la Santé ne considère plus la transidentité comme une maladie psychiatrique, les normes médicales continuent de classer ce qu'elles nomment le "transexualisme" dans les maladies psychiatriques. Ainsi, de nombreuses personnes transgenres sont obligées de passer par un psychiatre qui va attester de leur "maladie" pour acceder aux traitements et chirurgies qu'elles estiment nécessaires à leur transition. Enfin, les a-prioris et préjugés sur ce que doit être / comment doit se comporter une personne née de sexe mâle ou née de sexe femelle, se traduisent par des représailles au quotidien sur toute personne qui s'écarte de cette norme. Les femmes masculines et les garçons efféminés par exemple font l'expérience de ces représailles. Pour les personnes transgenres, ces représailles sont quotidiennes, et cela peut aller fréquement jusqu'au meurtre tant la société est crispée sur ces normes. Les genres "hommes" et "femmes" sont avant tout des constructions sociales : si nous n'étions pas éduqué-e-s, formaté-e-s et sans cesse rappellé-e-s à l'ordre,  les comportements et les apparences entre personnes nées de sexe "mâle" et personnes nées de sexe "femelles" ne diffèreraient pas tant que ça. Dès lors que les comportements, apparences et modes de vies sont essentiellement construits par l'apprentissage, pourquoi ne serions-nous pas libre de choisir le genre dans lequel nous souhaitons nous construire ? Pour de nombreuses personnes transgenres la transition est vitale, vivre dans le genre imposé à la naissance et très souvent vécu comme une souffrance qui peut aller juqu'au suicide. Comment pouvons-nous accepter, voir contribuer, à un tel enfer imposé aux personnes transgenres juste parce que cela perturbe notre conception (faite surtout de préjugés et d'a-prioris) des genres ? Nous, lesbiennes, gays et bisexuel-le-s, connaissons les représailles, discriminations et violences qui nous sont infligées en raison de notre non-conformité à l'orientation sexuelle imposée : "l'hétérosexualité". Nous, femmes, connaissons les inégalités, les discriminations et les violences qui nous sont imposées en raison de notre sexe. Les droits des personnes transgenres sont encore moins avancés que les droits des femmes et des homosexuel-le-s et des bisexuel-le-s... La lutte pour les droits des personnes transgenres a tout à voir avec nos luttes pour nos propres droits.

 

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Campagne TDOR inter-associative. Pour plus d'info voir leur site.

 

 

RASSEMBLEMENT A STRASBOURG

SAMEDI 20 NOVEMBRE

A 15H PLACE KLEBER

A L'APPEL DE

SUPPORT TRANSGENRE STRASBOURG

 

 

Lire le communiqué de Support Trangenre Strasbourg

 

 

Pour plus d'infos :  

Un article sur Yagg

Site international du TDOR (en anglais)

Site du Mémorial des personnes transgenrs assassinées (en anglais)

Site en français sur la Journée Internationale de la Mémoire Transgenre

Fiche "pédagogique" trans' , transidentité, transphobie

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Published by leZ Strasbourgeoises - dans Actu
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