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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 23:40

 

3 FEMMES ROMS ARRÊTEES, SEPAREES DE LEURS ENFANTS ET INCULPEES POUR AVOIR MENDIE

 

" LEUR LIBERTE EST LA NOTRE, NOTRE LIBERTE EST LA LEUR"

Lutheuses de Rrue, femmes du collectif la Baraka et d'autres campements Rroms

 

Lutheuses-de-Rrue.jpg

 

Le 17 Octobre 2011, date du cinquantième anniversaire des massacres d'Algériens d'Octobre 1961 et Journée Mondiale de la Misère, a eu lieu le procès de 3 femmes Rroms, arrêtées début septembre, séparées de leurs enfants. et inculpées parce qu'elles mendiaient. Un rassemblement de soutien à l'appel notament des Lutheuses de Rrue et de femmes du collectif La Baraka et d'autres campements Rroms, a eu lieu devant le tribunal de Bobigny. L'une des 3 femmes a été relaxée, pour les deux autres le verdict a été renvoyé au 7 Novembre 2011. Les avocats font valoir que la  loi adoptée le 18 mars 2003, considérant que " le fait de maintenir un enfant de moins de 6 ans sur la voie publique (...) dans le but de solliciter la générosité des passants" constitue un délit de "privation de soins", passible de 7 ans de prison et 100.000 euros d'amende" est anti-constutionnelle.  Elle n'était d'ailleurs quasiment plus appliquée depuis 2004, et a redonné lieu recemment à des vagues d'arrestations, suite aux allégation de  Claude Guéant sur la déliquance des Rroms.  Aussi les avocats envisagent-ils un processus de remise en cause de cette loi, avec la saisie, si nécessaire, de la Cour de Cassation, du Conseil Constitutionnel et de La Cour Européenne des Droits de l'Homme.

Le communiqué ci-dessous relate les conditions d'arrestation de deux de ces femmes. Cette affaire met en lumière la manière dont les politiques de répression des migrant-e-s portent atteinte aux droits des femmes et aux droits des enfants.

 

 Communiqué des Lutheuses de Rrue, des femmes du collectif la Baraka et d'autres campements Rroms, mis en ligne le 23/09/2011 sur le site "Prises de pensée... Eprises de liberté... Lutheuses de Rrue et d'autres..."

 

LEUR LIBERTE EST LA NOTRE,

NOTRE LIBERTE EST LA LEUR

 

Le 6 septembre 2011, deux femmes, Maria et Genovita, sont interpellées alors qu'elles font la manche en Seine-Saint-Denis. Elles vivent sur un campement du 93 et sont Rroms  Roumaines. Elles sont avec plusieurs de leurs enfants, un garçon de 7 ans et un bébé au sein, un autre de moins de 2 ans. La police les met en garde à vue, leur enlève leurs enfants sans  même les renseigner sur le lieu de ce placement autoritaire. Elles ne les reverront pas pendant 8 jours. Convoquées au tribunal le 15 septembre elles retrouvent enfin leurs enfants. L’ASE et les  travailleurs sociaux qui n'étaient pas d'accord avec ce placement, et remarquent le trauma causé aux femmes, au bébé sevré de force, aux personnes privées de parole.

 

La police leur arrache leurs enfants sans aucune prise en compte du traumatisme grave que cela représente pour elles, pour eux,  alors qu’elles sont contraintes à mendier, faute de papiers,  faute de logement faute de travail, faute d’accueil.

 

Le 17 octobre (qui est aussi la journée mondiale contre la pauvreté et la misère) un jugement sera rendu, elles sont poursuivies pour "défaut de soins" du fait de mendicité. Elles risquent sept ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende. La loi du 18 mars 2003 «pour la sécurité intérieure», de Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, considère comme un délit de privation de soins «le fait de maintenir un enfant de moins de six ans sur la voie publique ou dans un espace affecté au transport collectif de voyageurs, dans le but de solliciter la générosité des passants».

 

On menace de les enfermer, de les arracher à leurs enfants, parce qu’elles ont mendié en les gardant avec elles mais dans les campements elles sont seules pour s’occuper des enfants, faire la cuisine et le ménage, rendre possible la vie. Elles n’ont accès ni aux crèches ni aux garderies.

 

En octobre 2005, dans un cas similaire, les juges ont estimé que la «privation de soins» n'était pas prouvée, le lien entre mendicité et maltraitance ne tient pas, ils démontent ce texte et cette décision fait jurisprudence. Il y a non-lieu, femmes et enfants sortent libres.

Pourtant défendues par Me H. Braun, l'avocat qui avait gagné ce procès, Maria et  Genovita craignent celui du 17 octobre.

 

Elles et beaucoup d'autres femmes migrantes ont légitimement de quoi se méfier puisque les exactions de la police, aiguillées par les hommes d'état et leurs pressions raciste et sur une justice française qui a du mal à préserver l'état de droit, se font chaque jour plus odieuses en France.

 

Quel but ont  ces manœuvres politico-policières sinon de les priver des droits humains les plus élémentaires ? Premier pas dans la liquidation programmée en Europe de la population Rrom.

En France cette liquidation prend actuellement la forme d’un racisme et d’une xénophobie d’état, des médias, chacun construisant une image destinée à empêcher, à criminaliser toute solidarité avec ce peuple.

 

Nous, Lutheuses de Rrue, et femmes du collectif la Baraka ou maison des Rroms, serons avec nos amours, nos  amies, nos filles, nos camarades Rroms pour manifester notre lutte et notre soutien aux deux femmes qui risquent la prison, la séparation de leurs enfants. Elles sont ainsi traitées du fait de leur appartenance à un peuple dont les états européens aimeraient pouvoir se débarrasser. Condamnées à une double peine : celle que peut  prononcer la justice, celle qu’elles purgent tous les jours  du fait de la domination des systèmes qui trient l'humain, des systèmes politiques et financiers, des maffieux, du patriarcat.

 

Leur liberté est la Nôtre, Notre liberté est la Leur


 Les Lutheuses de Rrue  et d'autres, Des femmes du collectif la Baraka et d'autres campements Rroms

 

 

Dans leur communiqué du 20 Octobre, mis en ligne sur le site "Prises de Pensées... Eprises de liberté", les Lutheuses de Rrue relatent le procès du 17 octobre :

"Le procès des mendiantes est le procès de la société française" Les Lutheuses de Rrue

 

Le site Radio Graphie propose des informations complémentaires ainsi qu'une émission de radio au sujet de cette affaire :

"Des lois anti-Rroms : La police enlève des enfants Rroms à leurs parents qui font la manche" Radio Graphie

 

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Published by leZ Strasbourgeoises - dans Actu
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Vaduz 31/10/2011 17:04


Je vous signale la réédition de l'ouvrage : " Les ratonnades d'octobre". Par Michel Levine
Editions Jean-Claude Gawsewitch 2011.

En octobre 1961. A Paris, en pleine guerre d'Algérie, Maurice Papon, préfet de police et chef de la répression, instaure un couvre-feu pour les Algériens, citoyens français de seconde zone : chasse
au faciès, interpellations systématiques, bouclages de quartiers, etc. Les conditions de vie deviennent infernales pour des milliers d'hommes et de femmes.
En protestation contre ces mesures qui rappellent l'occupation nazie, le F.L.N. organise le 17 octobre une manifestation pacifique. Aussitôt, Papon "chauffe ses troupes". La machine à tuer est en
marche…On retrouvera des centaines de cadavres dans la Seine.
Le crime commis, c'est le grand silence de la part des autorités et des médias, un mutisme absolu qui durera longtemps. Pour la première fois, on dévoile ce qui était ignoré de l'historiographie
officielle ou soigneusement refoulé. L'auteur s'est livré à une véritable enquête, interrogeant victimes, avocats, témoins.
Michel Levine revient sur cette période tragique de l'Histoire à l'occasion du 50e anniversaire des évènements d'octobre 1961.

Michel Levine est historien des Droits de l'Homme. Il a notamment publié chez Fayard Affaires non classées (Archives inédites de la Ligue des Droits de l'Homme).