Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Création du logo pour leZ Strasbourgeoises : Joana

bannière violette et jaune

12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 15:12

RENCONTRE AVEC PINAR SELEK A LYON :

MOUVEMENTS FEMINISTES ET LGBTT EN TURQUIE

 

Samedi 21 avril 2012 à 17h00

Librairie Terre des livres, 86 rue de Marseille, Lyon 7°

 

http://dl.dropbox.com/u/58343415/affiche%20couleur%20Lyon.jpg

 

Organisation Lyon : Féministes Arabes Révolutionaires F.A.R* :

Contact : arabesfeministes@mailoo.org

Site Pinar Selek France

Avec le soutien de Frisse et du Collectif Lesbien

 

Ami-e-s Lyonnaise ne manquez pas cette rencontre passionnante !!! Et pour vous donner envie, un article sur cette rencontre, qui a déjà eu lieu à Strasbourg :

"Voyage en Turquie Politique" de Özgür Leons et Chlo Gond

Repost 0
Published by leZ Strasbourgeoises - dans Pinar Selek
commenter cet article
11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 22:04

« L’AFFAIRE PINAR SELEK, UN CAS
EMBLEMATIQUE DE LA CRIMINALISATION DE LA
SOCIETE CIVILE ET DES PROBLEMES
DE LA JUSTICE EN TURQUIE »


Mercredi 18 avril 2012 de 19h30 à 23h00 à la Maison
des Syndicats à Strasbourg

 

illustrationLe harcèlement judiciaire de la sociologue Pınar Selek se poursuit depuis 1998 sous prétextes d'accusations fallacieuses de terrorisme. Aujourd'hui, des dizaines d'autres personnalités turques, militants associatifs, journalistes, avocats, syndicalistes, universitaires, etc. sont détenues et poursuivies dans le cadre de la loi anti-terroriste en raison de l'exercice légitime de leurs libertés d'opinion et d'expression. Les procureurs ne veulent pas laisser tranquilles Pınar Selek et les autres, alors nous ne cesserons pas d'exprimer notre solidarité avec eux !

 

Avec la présence de Pınar Selek, les intervenant (e)s de cette conférence sont :
o Karin Karakaşlı (Ecrivaine, journaliste, maître de conférences)
o Akın Atalay (Avocat de Pinar Selek mais aussi du journaliste Ahmet Şık)
o Alp Selek (Avocat et père de Pinar Selek)
o Oral Calışlar (journaliste et chroniqueur du journal Radikal)
o Zeynep Direk (Professeur Dr. Philosophe, écrivaine, membre de l’association féministe Amargi)
o Barbara Lauchbihler (Députée européenne et Présidente des droits de l’homme du Parlement européen)
o Hélène Flautre (Députée européenne, Présidente de la Délégation à la commission parlementaire mixte UE-Turquie et de la Sous-commission des Droits de l’Homme du Parlement européen)
o Martin Pradel (Avocat au barreau de Paris, et chargé de mission pour l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme,
programme conjoint de la FIDH et de l'OMCT)
o Samim Akgönül (Historien et politologue, Maître de Conférences à l'Université de Strasbourg, qui animera la table-ronde)

Pour plus d’information et contact :
ASTU 13a, rue du Hohwald 67000 Strasbourg
Tél. 03 88 32 98 32 / E-mail : astu@astu.fr

 

illustration 3Le Rassemblement des Associations Citoyennes des Originaires de Turquie (RACORT) et ses associations membres, Actions citoyennes interculturelles à Strasbourg (ASTU), l’Assemblée des Citoyens des Originaires de Turquie à Paris (ACORT) et l’Association des Travailleurs de Turquie de la Moselle à Metz (ATTM) avec le soutien de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l'Organisation mondiale contre la Torture (OMCT) et les associations de défense des droits de l’Homme en Turquie (IHD) et (TIHV), organisent une conférence sur l’interminable procès Pinar Selek, emblématique de la situation de la société civile turque ces dernières années.

 
A travers l’intervention de diverses personnes qui suivent l’affaire depuis 14 ans, avocats, journalistes, écrivains, chercheurs, militants associatifs, représentants ou élus d’institutions ainsi que des citoyens solidaires avec Pınar Selek, cette conférence nous permettra non seulement de décrypter les enjeux de cette affaire, mais également de renforcer et d’élargir cet élan de solidarité avec Pınar Selek. Nous tenterons enfin de comprendre ce qui se passe en Turquie depuis septembre 2011 à travers les arrestations massives de journalistes, d'avocats, d’étudiants, de chercheurs, d’éditeurs, d’universitaires…

 
Illustration 2En effet, en partant du cas Selek, nous constatons le recours à des pratiques arbitraires et liberticides utilisées à l'occasion du coup d’Etat militaire de 1980.
En témoignent, les nombreuses atteintes aux droits à un procès équitable. Ainsi, les accusations qui ont déclenché les poursuites sont basées sur des faits imaginaires.
Ainsi, c'est un témoignage extorqué à un détenu sous la torture qui constitue la preuve principale opposée à Pınar Selek. Malgré la rétractation de ce témoin qui a affirmé ne pas connaître Pınar Selek et ne l’avoir jamais rencontrée et des rapports d'expertise l'innocentant, les poursuites contre Pınar ont été maintenues.
Bien que les tribunaux aient acquitté Pınar Selek à trois reprises, le ministère public utilise tous les outils judiciaires pour casser les décisions d’acquittement et obtenir sa condamnation.
Cette affaire est également emblématique par rapport à l'état de la liberté et de l’indépendance des chercheurs et des universitaires dans la Turquie d'aujourd'hui. Il est évident que les causes de l'acharnement contre Pınar Selek sont ses travaux sociologiques sur les populations exclues ainsi que sur le PKK. Il est clair qu'elle a été arrêtée en 1998 et torturée pour la forcer à donner les noms de personnes qu’elle avait interviewées lors de ses recherches sur le PKK. Pınar Selek ne paye-t-elle pas depuis 14 ans le prix de ses travaux de sociologue sur des sujets « sensibles » voire « tabous » en Turquie ? Le cas de Pınar est loin d’être isolé. Il est le reflet de l'instrumentalisation de la justice pour faire taire les voies dissonantes avec le discours officiel. Ainsi, les nombreux procès menés contre des personnalités de la société civile pour appartenance à une organisation illégale visent à délégitimer une partie de la société civile, au mépris des libertés d’expression, d'opinion et l'indépendance de la recherche !

 
Nous pensons que le parquet veut faire un exemple. Pınar Selek est une intellectuelle et une militante, une féministe non conformiste. Elle a toujours choisi de lutter et de travailler avec les déshérités, les opprimés, les opposants. Elle est la représentante d'une recherche libre et indépendante qui ne se plie pas aux injonctions du pouvoir. En la pourchassant sans cesse, en la contraignant à choisir l'exil ou l'emprisonnement, on cherche non seulement à la décourager mais à décourager toute velléité d'émancipation de la société civile turque et des prises de positions qui remettraient en cause le semblant de consensus cimenté par un nationalisme exacerbé.
Chaque société a ses techniques de contrôle social. Dans le « modèle turc » qui est proposé aux pays arabes, les opposants sont stigmatisés comme « traîtres » et « terroristes », ce qui a pour effet de les jeter hors de la communauté et de créer une atmosphère de vindicte propice à la calomnie, à l'agression physique, voire à l'assassinat, comme en a été victime Hrant Dink en 2007.

 
La solidarité manifestée par des groupes très divers non seulement en Turquie mais aussi à travers l'Europe autour de l’affaire Pinar Selek est exemplaire et nous conforte dans nos idéaux
En tant que citoyens soucieux du respect des droits de l’Homme, nous souhaitons réaffirmer haut et fort notre solidarité avec Pınar Selek et avec toutes les personnes persécutées en raison de leur engagement pour une société juste et libre, en Turquie et ailleurs.
 

 

Pour plus d’information et contact :
ASTU 13a, rue du Hohwald 67000 Strasbourg
Tél. 03 88 32 98 32 / E-mail : astu@astu.fr

Repost 0
Published by leZ Strasbourgeoises - dans Pinar Selek
commenter cet article
31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 14:32

VOYAGE EN TURQUIE POLITIQUE

 

Pinar-dans-manif-feministe.jpg

 

Rencontre avec Pinar Selek :

Mouvements féministes et LGBTT en Turquie

Özgür Leons et Chlo Gond

 

 

En cette froide soirée de janvier, c’est environ soixante-dix à quatre-vingts personnes qui ont trouvé de la chaleur à la Station, le centre LGBTI (Lesbiennes, Gays, Bi, Trans et Intersexes) de Strasbourg. On ajoute des chaises, on se rencontre, on se serre, puis, dans une atmosphère détendue mais attentive, on suit la pensée de Pinar Selek. Jusqu’à s’y plonger complètement, les échanges avec la salle et dans la salle ayant toute leur place : quoi de mieux pour avancer ensemble que de discuter ?

 

Car si Pinar est sociologue et universitaire, c’est avant tout une personne de terrain : militante et chercheuse, mais sur le pavé ! Ainsi en est-il de ses recherches sur les minorités d’Istanbul : les enfants des rues et les Trans travailleuses du sexe, qu’elle invite dans « L’Atelier des artistes de rues ». Ainsi en est-il également des recherches qu’elle mène auprès des militant.e.s Kurdes, ou encore, de son implication dans la création de l’association féministe Amargi.

Ce sont ses recherches qui ont dressé les gouvernements successifs turcs contre Pinar Selek. Elle fut accusée – malgré toutes les incohérences du scénario, les contre-expertises scientifiques et les multiples acquittements – d’être une terroriste et d’avoir posé une bombe meurtrière en 1998 dans un marché très fréquenté d’Istanbul.

Aujourd’hui, alors même que cette persécution continue (avec la menace d’une condamnation à la prison à vie), Pinar avance, continuant de travailler sur les mouvements féministes et LGBTT en Turquie.

 

Elle nous conte, ce soir-là, une partie de cette histoire. Et les différents points de réflexion soulevés nous invitent à découvrir la Turquie politique, mais aussi à opérer un retour sur nous-même et à nous questionner sur les mobilisations en France.

 

En Turquie, les féministes issues de différents groupes ethniques ont perçu, dès le XIXème siècle, l’intérêt de travailler ensemble pour lutter contre le système patriarcal. Cet héritage perdure aujourd’hui dans les luttes menées par les minorités.


Cette lecture historique proposée par Pinar Selek nous permet de mesurer les liens d’interdépendance structurelle entre le mouvement féministe et le mouvement LGBTT et de les comparer à nos modèles d’organisation associatifs, qui sont, eux, beaucoup plus cloisonnés. Par ailleurs, Pinar nous présente ce curieux paradoxe qui touche la France depuis deux décennies et se fait de plus en plus visible en Turquie : malgré une reconnaissance accrue des discours et revendications féministes, l’institutionnalisation de certaines associations sert aussi le dessein de l’idéologie qu’elle combat. En effet, à l’instar du capitalisme digérant sa propre critique, le patriarcat semble également capable de récupérer à son compte les mouvements féministes.

C’est cette adaptabilité du patriarcat qui oblige les mouvements militants à toujours se réinventer, dans une démarche de remise en question et d’échanges.

 

Et l’échange fructueux, c’est tout d’abord celui entre la rue et l’Université. Le féminisme est un pont entre différents univers qui souvent ne communiquent pas. Des chercheur.e.s participent aux publications militantes, les militants associatifs organisent des séminaires… En bref, la pensée se nourrit de l’expérience. Et l’inverse est tout aussi juste !

Cette émulation intellectuelle impulse une dynamique et pousse le féminisme à toujours déconstruire plus finement les systèmes d’oppression et à penser de nouvelles manières d’être au monde. Etre toujours créatifs, non pas pour viser l’égalité, mais pour dépasser le système. C’est ainsi que les réflexions antimilitaristes et féministes se croisent pour mieux comprendre comment nationalisme et patriarcat sont nécessaires l’un à l’autre.

Une pensée toujours en mouvement amène les différentes minorités turques à travailler ensemble, à croiser leurs expériences et leurs grilles d’analyse pour construire une critique constructive de leurs propres actions et réflexions. Les groupes se reconfigurent, s’interrogent sur eux-mêmes, entendent et travaillent les critiques que d’autres peuvent leur faire pour repenser leur propre légitimité et leurs postures militantes. Ainsi, les retours d’associations LGBTT ont poussé des groupes féministes à s’interroger sur la reproduction de l’homophobie et de la transphobie au sein de leurs associations. Tout comme les féministes ont pointé du doigt les mécanismes sexistes à l’intérieur de ces mêmes groupes. Ces allers et retours et ces échanges facilitent la compréhension de la complexité de la société et rend sa critique plus incisive.

Entre associations turques, ou au sein d’un même groupe, lorsqu’il y a désaccord, on se met autour de la table et on n’en bouge plus : on discute, on analyse et on propose jusqu’à trouver de nouvelles perspectives qui enrichissent tout le monde. Exemple en direct lors de cette conférence :

 

En effet, loin d’un cadre universitaire froid et clinique, l’usage de la discussion chez Pinar Selek revêt un caractère tant intime que politique, toujours singulier. Il faut l’entendre raconter avec humour et chaleur les dissensions au sein des mouvements turcs ou encore commenter avec bienveillance les questions polémiques de ses auditeurs pour découvrir un usage de la parole généreux, résolument en dialogue. En un mot, Humaniste.

Cette éthique de la discussion, Pinar la doit sans doute à cette tradition de respect et d’écoute que partagent tous les mouvements de lutte en Turquie, alors même que les divergences sont pourtant bien réelles. Renvoyant dos à dos le principe de hiérarchisation des luttes et la perspective d’un consensus mou, les militant.e.s turques nous rappellent la fécondité du débat conflictuel pour penser les articulations entre les relations de pouvoir et éviter l’écueil du dogmatisme. En somme, garantir la possibilité d’une pensée libre et toujours en mouvement.

 

 

Loin des clichés sur un pays souvent méconnu en France, Pinar Selek nous invite le temps d’un échange drôle, impertinent, grave et touchant à découvrir sa Turquie. Une Turquie passionnée et militante où la parole politique est et reste une langue vivante.

 

Au final, inviter Pinar Selek, c’est permettre, au-delà de la réflexivité,  un ré-enchantement des moyens de l’action militante, trop souvent plombée, chez nous, par l’austérité du discours.

 

Özgür Leons et Chlo Gond

 

Cette rencontre a été programmée à Strasbourg au centre LGBTI Alsace le 27 janvier 2012 et à Lyon à la librairie Terre des Livres le 21 avril 2012 à l'initiative des komites Pinar Selek Strasbourg, Rhône-Alpe et national, en partenariat avec La Station centre LGBTI Alsace (Strasbourg), La Lune (Strasbourg), Terre des livres (Lyon), Frisse (Lyon), Collectif Lesbien Lyonnais (Lyon).

 

Une table ronde est prévue à Strasbourg le mercredi 18 avril 2012 à 19h30 à la Maison des Syndicats, 1 rue Sédillot : " L'affaire Pinar Selek et les problèmes de la justice en Turquie ". En présence de Pınar Selek, avec des juristes, militant-e-s et intellectuel-le-s Turques et internationaux. Organisé par l' ASTU, RACORT, ACORT et ATTM. Contact : astu@astu.fr 

 

Une audience à eue lieu le 07 Mars 2012 : La prison à vie est de nouveau requise contre Pinar Selek. Le procès est reporté au 1er Août 2012

 

 

 

Contact komite Pinar Selek Strasbourg :

komitepinarstrasbourg@gmail.com

Repost 0
Published by leZ Strasbourgeoises - dans Pinar Selek
commenter cet article
8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 00:19

PRISON A VIE A NOUVEAU REQUISE CONTRE PINAR SELEK !

 

illustration

 

Communiqué de la Plate-forme

« Nous sommes tous témoins »

à l’issue de l’audience du procès Selek du 7 mars 2012

(traduction du Turc au Français : Defne Gürsoy)

 

 

Une nouvelle audience du procès de l’explosion dans le Marché aux épices d’Istanbul s’est tenue aujourd’hui. Lors de l’audience du procès qui dure depuis 14 ans et dans lequel Pınar Selek est accusée, l’accusation a demandé une nouvelle délibération, et ce faisant, a prouvé que l’acharnement judiciaire continue.

 

Demande de délibération caduque par l’accusation

 

L’audience du 7 mars 2012, qui devait se contenter de compléter les lacunes de procédure du procès du Marché aux épices (Marché égyptien), pour lequel la sociologue-écrivaine Pınar Selek est accusée, avec les autres procès liés, s’est tenue aujourd’hui au 12e Tribunal correctionnel de Besiktas.

 

Malgré les trois acquittements consécutifs de Pınar Selek du procès du Marché aux épices, nous sommes consternés par la demande faite par le procureur de délibération, pour une peine d’emprisonnement à vie aggravée. Suite à cette demande de délibération « caduque », le procès a été reporté au 1er août 2012 pour compléter les dépositions et la défense des autres accusés.

 

Le fait que le procureur ait fait une demande de délibération sur le dossier du Marché aux épices, qui sera prochainement entendue à la Cour suprême de cassation, suite au troisième acquittement (février 2011), est preuve que l’acharnement juridique continue envers Pınar Selek. Cependant, puisque la cour locale avait donné décision d’insistance en ce qui concerne la décision d’acquittement de Pınar Selek, il est juridiquement impossible que l’accusation puisse demander une délibération sur un dossier déjà décidé et abandonné par la Cour. La décision de délibération demandée par le procureur est donc caduque. Rappelons que le bureau du procureur avait déjà signé une erreur judiciaire vis-à-vis de Pınar Selek, en demandant son arrestation lors de sa déposition en mai dernier dans le cadre d’un procès dans lequel elle avait été acquittée. En conformité avec le droit, la Cour avait alors refusé la demande d’arrestation.

 

Pour rappel, la Cour suprême de cassation avait cassé le deuxième acquittement, et le 12e tribunal correctionnel d’Istanbul avait insisté sur sa décision d’acquittement, pour décider un troisième acquittement de Pınar Selek le 9 février 2011.

Nous réaffirmons que nous resterons vigilants jusqu’au bout, avec l’opinion publique turque et internationale, pour suivre ce procès cauchemardesque qui perdure depuis 14 ans. Nous réclamons également un acquittement définitif pour Pınar Selek.

 

La Plateforme « Nous sommes toujours témoins »

 

 

QUE PEUT-ON FAIRE

DANS L’IMMEDIAT ?

 

 

-> Diffuser autant que possible ce communiqué dans vos réseaux, le publier en ligne et sur vos différents supports !


-> Appel aux associations et collectifs à rejoindre officiellement le comité Pinar Selek afin de visibiliser leur solidarité et leur présence au côté de Pinar Selek ! Texte d'appel


-> Pour celles et ceux qui sont en Alsace, venir nombreux/ses à la soirée de solidarité demain à 18h30 à l’Aubette à Strasbourg, pour soutenir Pinar Selek ! Plus d’infos


-> Faire connaître la situation de Pinar Selek en publiant des informations sur le web, dans les médias ou via tables de presse ! Table de presse et publication en ligne

 

Komite Pinar Selek Strasbourg

komitepinarstrasbourg@gmail.com 

 

 Comité Pinar Selek France

 

 

March 7th trial: Outcomes: Still asking for lifetime imprisonment!

 

Pınar Selek'in de yargılandığı on dört yıldır süren davada beraat kararına karşın savcılığın hala mütalaa vermesi hukuksuzluğun

Repost 0
Published by leZ Strasbourgeoises - dans Pinar Selek
commenter cet article
4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 21:45

  FEMINISTES SANS FRONTIERES

SOLIDAIRES AVEC

PINAR SELEK

 

Le 8 Mars 2012

Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes

à partir de 18h30, grande salle de l'Aubette, Place Kleber, Strasbourg

 

affiche-soiree-pinar-selek-8-mars.jpg

 

En présence de Pinar Selek, à l'initiative des associations de la commission plénière "égalité femmes-hommes" de la Ville de Strasbourg, avec la participation du comité Pinar Selek Strasbourg.

Chants avec « les Clandestines », danses Collectives animées par les Cemea, prises de parole des associations autour d'un diaporama de femmes en lutte dans le monde.

A 20h :

- prise de parole du comité de soutien à Pinar Selek

- performance-lecture musicale de la Cie Calamity Jane sur le texte « Plaidoirie » de Pinar Selek. Lecture, mise en scène Sonya Oster; musique Pinar  Buyuk.

A 21h30 :

Prise de parole de Pinar Selek sur les luttes féministes à mener aujourd'hui.

 

Commission plénière "égalité femmes-hommes" :

ACCORD, Amnesty International, ASTU, ATMF, CEMEA, Centre des Organisations Féminines,  Centre Socio-Culturel de la Montagne Verte,  Centre Socio-Culturel de l’Elsau,  Centre Socio-Culturel Victor Schoelcher, CIDFF, CIMADE, Comité Départemental des Associations Familiales Laïques,  Conseil des Résidents Etrangers, Contact et Promotion, Espoir Meinau,  Femmes Congolaises de Strasbourg,   Femmes d’Ici et d’Ailleurs, Femmes Progrès, Home Protestant-Femmes de Paroles, la Lune, le Planning Familial, Les Poupées en Pantalon, mouvement le Nid, Plurielles, Regain, SOS aide aux habitants, SOS Femmes Solidarité,  Trans Créa, Union Féminine Civique et Sociale, Union Féminine Européenne, Viaduq 67.

 

Comité Pinar Selek Strasbourg :

contact : komitepinarstrasbourg@gmail.com 

Site web Comité Pinar Selek France

 

 

Pinar Selek / Le procès du 7 mars : les perspectives ne sont pas bonnes

 

Appel aux associations !

 

 

 

русский язык :

Pinar Selek / Суд 7 марта: не самые лучшие ожидания

 

Deutsch :

Pinar Selek / Der Prozess am 7. März: die Chancen sehen nicht gut aus !

 

English :

Pinar Selek / The trial on March 7th: prospects are not good.

 

Español :

Pinar Selek : El proceso del 7 de marzo se presenta difícil.

Repost 0
Published by leZ Strasbourgeoises - dans Pinar Selek
commenter cet article
23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 03:13

http://a4.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/s720x720/403017_114839528645785_100003592148892_54630_506126688_n.jpg

 

7 MARS 2012 :

PROCES DE PINAR SELEK

A ISTANBUL

 

Communiqué du Comité Pinar Selek France :

 

Le procès du 7 mars :

les perspectives ne sont pas bonnes

 

Le 7 mars prochain, la sociologue et écrivaine féministe Pınar Selek doit à nouveau passer en jugement devant la Cour d'Assises d'Istanbul. Ce procès devait avoir lieu en septembre ; officiellement, il a été reporté à mars pour des raisons « techniques »  de procédure. Il nous faut réfléchir à cette nouvelle péripétie à la lumière des vagues d'arrestations qui se sont produites en Turquie, en octobre, décembre et janvier derniers.

Il faut rappeler que Pınar Selek a été arrêtée en 1998 à la suite de ses travaux sociologiques sur l'engagement dans le PKK. Torturée pour livrer les noms des personnes qu’elle avait interviewées, elle n'a pas parlé. Le parquet a monté contre elle une accusation de complicité dans un attentat à la bombe (affaire du « Marché égyptien », juillet 1998) et requis une peine de prison à perpétuité. Elle a été acquittée en 2000, libérée, puis à nouveau inculpée et jugée en 2006 et 2011, et chaque fois acquittée. Chaque fois, le procureur relançait la machine judiciaire en faisant appel.

Un nouveau procès devait avoir lieu en septembre 2011 ; il a été renvoyé pour des raisons « techniques », le dossier n'ayant pas été transmis à la Cour de Cassation. C'est donc le 7 mars 2012, en principe, que Pınar Selek sera à nouveau jugée.

Pınar Selek, après avoir subi la torture et l'emprisonnement, subit une torture psychologique depuis plus de treize ans. Elle est victime d'un acharnement judiciaire proche du déni de justice, au mépris de la Convention européenne des droits de l'Homme dont la Turquie est pourtant signataire. Toujours menacée d'emprisonnement, elle a dû choisir l'exil.

Les autorités judiciaires refusent de prendre en compte trois acquittement successifs, refusent de prendre en compte les expertises qui lavent Pınar Selek des accusations de terrorisme.

Pourtant, pour le procès du 7 mars, les perspectives ne sont pas bonnes. Depuis septembre, les vagues d'arrestation se sont succédé, touchant des centaines de personnes : étudiants, chercheurs, journalistes, éditeurs, universitaires. La guerre au sud-est du pays sert de prétexte à une répression d'une ampleur jamais vue depuis le coup d'Etat de 1980.

Il est possible que de nouvelles charges – imaginaires – soient utilisées à l'encontre de la sociologue, pour prolonger indéfiniment le processus judiciaire.

Pourquoi un tel acharnement ?

Nous pensons que le pouvoir judiciaire veut faire un exemple. Pınar Selek est une intellectuelle et une militante qui ne s'est jamais montrée conformiste ; elle a toujours choisi de lutter et de travailler sur et avec les déshérités, les opprimés, les opposants. Elle est emblématique d'une recherche libre et indépendante, qui ne se plie pas aux injonctions du pouvoir.

En la pourchassant sans cesse, en la contraignant à l'exil par la menace d'emprisonnement toujours réelle, on cherche non seulement à la décourager, mais à décourager toute velléité de travail intellectuel et de prises de positions qui remettraient en cause le semblant de consensus cimenté par un nationalisme exacerbé.

Chaque société a ses techniques de contrôle social.  Dans le « modèle turc » qui est proposé aux pays arabes, les opposants sont stigmatisés comme « traîtres » et « terroristes », ce qui a pour effet de les jeter hors de la communauté, et de créer une atmosphère de vindicte propice à la calomnie, à l'agression physique, voire à l'assassinat, comme en a été victime Hrant Dink en 2007.

Pınar Selek n'a pas cédé sous la torture physique, elle tient tête sous la torture psychologique.

Pour elle-même, pour la liberté de pensée et d'opinion en Turquie, pour tous les autres emprisonnés, il faut la soutenir !

 

Collectif de Solidarité avec Pinar Selek – France

Contact : solidaritepinarselek.france@gmail.com

Site : http://www.pinarselek.fr/

 

 

 

-> Soirée de solidarité avec Pinar Selek à Paris, vendredi 24 Février 2012 à 20h30

Organisé par le collectif de solidarité avec Pinar Selek – France. Prises de paroles, lectures, concert de Système D, en présence de Pinar Selek.

Péniche Anako : Bassin de la Villette (face au 61), quai de Seine 75019 Paris (métro Riquet ou Stalingrad).

Contact : solidaritepinarselek.france@gmail.com

 

-> Soirée de solidarité avec Pinar Selek à Strasbourg, jeudi 8 Mars 2012 à partir de 18h30

Organisé par la commission plénière pour l’égalité femmes-hommes de la ville de Strasbourg (avec 80 associations) en partenariat avec le comité Pinar Selek Strasbourg. Compagnie les Clandestines, diaporama, musique et danse. A 20h : prise de parole du comité et performance-lecture de la Cie Calamity Jane sur le texte « Plaidoirie » de Pinar Selek. En présence de Pinar Selek.

Salle de l’Aubette, place kleber, 67000 Strasbourg.

Contact : komitepinarstrasbourg@gmail.com

 

-> Appel aux associations à rejoindre officiellement le comité Pinar Selek pour visibiliser leur solidarité

Texte d’appel

Signataires : contacter komitepinarstrasbourg@gmail.com en indiquant le nom de l’association, l’adresse e-mail et le site web.

 

-> Faire connaître la situation de Pinar Selek en publiant des informations sur le web, dans les médias ou via tables de presse

Table de presse et publication en ligne

 

 

Site Pinar Selek France

Site Pinar Selek Turquie (présentation multilingue)

Site Pinar Selek Turquie - pages internationales

Site Amargi

Blog Amargi en Anglais

Blog Amargi - Pinar Selek

 

 

русский язык :

Pinar Selek / Суд 7 марта: не самые лучшие ожидания

 

Deutsch :

 

Pinar Selek / Der Prozess am 7. März: die Chancen sehen nicht gut aus !

 

English :

Pinar Selek / The trial on March 7th: prospects are not good.

 

Español :

Pinar Selek : El proceso del 7 de marzo se presenta difícil.

Repost 0
Published by leZ Strasbourgeoises - dans Pinar Selek
commenter cet article
23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 02:57

http://dl.dropbox.com/u/58343415/appel%20aux%20associations.png

 

 

Pinar Selek est écrivain et sociologue turque. Elle est également militante féministe, LGBT, pour les droits des minorités en Turquie, pacifiste et anti-militariste.

Elle a cofondé l'association féministe Amargi à Istanbul et a créé une des premières librairies féministes en Turquie. Elle est rédactrice en chef du journal féministe édité par Amargi. Ses travaux en tant qu’intellectuelle et son engagement politique sont indissociables.

Elle est contrainte de vivre en Exil depuis plus de 2 ans. Elle a d'abord vécu à Berlin dans le cadre d’un programme pour les écrivains en exil. Elle vient de s'installer à Strasbourg pour faire une thèse de sociologie sur les mouvements des minorités en Turquie, entre autres féministes et LGBT.

 

Depuis 13 ans, Pinar Selek subit une persécution en Turquie : emprisonnement, torture, harcèlement judiciaire. A l’origine de cette persécution, ses recherches sur la question Kurde. Le motif officiel de son inculpation et de l’acharnement judiciaire : elle aurait posé une bombe qui aurait fait exploser le marché aux épices d’Istanbul en 1998. De nombreux rapports d’experts ont établi qu’il n’y avait pas eu de bombe et que l’explosion était due à une fuite de Gaz. Elle a déjà été acquittée trois fois, mais les jugements ont à chaque fois été cassés et les procédures relancées. Cette persécution ne l’a pas réduite au silence : elle a continué à militer, à écrire et à faire des recherches.

 

Elle risque actuellement la prison à vie et son prochain procès à lieu à Istanbul le 7 mars 2012.

 

Qu’est-ce qui se prépare maintenant ? En 13 ans, trois acquittements n’ont pas mis fin au processus de répression et l’exil n’est pas une protection infaillible. Pour Pinar Selek, c’est une torture psychologique. Tout ce qu’elle souhaite, c’est retourner librement dans son pays pour y continuer ses recherches en tant que sociologue, sa création littéraire et ses engagements militants et associatifs.

 

En France, en Turquie, comme ailleurs, tout comme Pinar Selek et les mouvements de lutte pour les droits des minorités Turcs, nous luttons pour l’égalité des droits, contre les discriminations et pour la liberté d’expression et de convictions. Les alliances et la solidarité sont vitales !

 

Nous appelons les associations et collectifs à rejoindre officiellement le comité Pinar Selek afin de visibiliser leur solidarité et leur présence au côté de Pinar Selek ! Pinar Selek n’est pas seule !

Nous contacter à komitepinarstrasbourg@gmail.com en indiquant le nom de l’association, le site web et l’adresse e-mail.


Que peut-on faire dans l’immédiat ?

A l’heure actuelle, la meilleure manière d’aider Pinar Selek est d’augmenter au maximum sa visibilité :

 

-> Faire circuler cet appel.

 

-> Faire connaître la situation de Pinar Selek en publiant des informations dans des médias, sur des sites, blogs et autres supports web ou en les diffusant via distributions de brochures.

- Brochures, tracts, textes, visuels ici (en bas de page)

- des informations détaillées sur le site Pinar Selek France.

- D’autres matériaux peuvent être proposés pour une éventuelle table de presse (livres, badges etc…) : nous contacter à komitepinarstrasbourg@gmail.com

 

-> Organiser une soirée de solidarité dans votre ville.

Des soirées de solidarité déjà prévues à Paris le 24 février et à Strasbourg le 8 mars. L’objectif de ces soirées est d’élargir le mouvement de solidarité. Cela peut être l’occasion de créer un comité local. Prévoir des prises de paroles pour expliquer la situation de Pinar Selek, une table de presse et éventuellement une collecte de fonds. Pour le matériel table de presse nous contacter à komitepinarstrasbourg@gmail.com

 

-> Inviter Pinar Selek dans votre ville pour une rencontre sur le thème des « mouvements féministes et LGBTT en Turquie ».

La solidarité avec Pinar Selek est l’occasion d’échanges féconds nous permettant de découvrir les mouvements militants en Turquie qui sont d’un extraordinaire dynamisme, très créatifs et dont la force réside dans leur capacité à articuler les luttes. A l’heure actuelle Pinar Selek propose une passionnante conférence sur le thème des mouvements féministes et LGBTT en Turquie qui a déjà eu lieu à Strasbourg le 27 janvier et peut être programmée dans d’autres villes. Nous contacter à komitepinarstrasbourg@gmail.com

 

 

 

Premières associations signataires, membres du comité Pinar Selek (35) :

A.D.A.C-Athena (Strasbourg), Association de Santé Solidaire et Prévention des Agressions (Grenoble), ASTU (Strasbourg), Auto-défense Autonomie (Lyon), Calamity Jane (Strasbourg), Calima (Alsace), CEMEA Alsace (Alsace), CIMADE Strasbourg (Strasbourg), Collectif CIGALE (Grenoble), Collectif Contre les Abus Policiers (Bordeaux), Collectif Lesbien Lyonnais (Lyon), Fédération Total Respect (France), Frisse (Lyon), Homos Musulmans de France (France), La Lune (Strasbourg), La Quincaillerie Lesbienne et Féministe (Lyon), LesBienNées (Nancy), Les Poupées en Pantalons (Strasbourg), Lestime (Genève), Le Torchon Brûle Toujours (France), Les Voix d’Elles (Grenoble), LeZ Strasbourgeoises (Strasbourg), Milite-Terre (Strasbourg),  Mouvement Pour une Alternative Non-violente (France), No différences (Amiens), Osez le Féminisme 67 (Strasbourg), Planning Familial Strasbourg (Strasbourg), SOS Femmes Solidarité (Strasbourg), SOS Sexisme (France), TaPaGeS (Strasbourg), Terre des Livres (Lyon), Tjenbé Rèd Prévention Guyanne (Guyanne), Tjenbé Rèd Prévention Martinique-Guadeloupe (Martinique-Guadeloupe), Tjenbé Rèd Prévention Paris-Île-de-France (Paris - Île-de-France), Union des Etudiants Etrangers de Strasbourg (Strasbourg)

 

Comité Pinar Selek Strasbourg 

e-mail : komitepinarstrasbourg@gmail.com

 

Site Pinar Selek France   

Repost 0
Published by leZ Strasbourgeoises - dans Pinar Selek
commenter cet article
23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 02:48

affiche soirée pinar selek 24 février

Repost 0
Published by leZ Strasbourgeoises - dans Pinar Selek
commenter cet article
22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 00:15

http://a403.idata.over-blog.com/2/68/36/93/flyer-affiche-couleur-rognee-pour-web.gif

 

Rencontre avec Pinar Selek :

Mouvements féministes et LGBTI en Turquie

une histoire lointaine et proche

 

à la Station le 27 janvier 2012 à 20h

 


 

UNE HISTOIRE LOINTAINE ET PROCHE

 

Que peut-on apprendre des expériences des mouvements féministes et LGBT en Turquie ?

 

Pinar Selek

 

 

http://a1.idata.over-blog.com/200x271/2/68/36/93/feministes-dans-la-marche-des-fiertes-copie-1.jpgAutant la Turquie a traversé des conflits féroces, autant elle a fait l’expérience d’échanges féconds. La relation entre les mouvements féministes et LGBT en est un parfait exemple : Les deux mouvements se sont influencés réciproquement et ont réussi à se transformer tout en continuant d’appeler à la liberté. Nous avons réussi à ouvrir de nouveaux chemins. Des chemins pour résister au système, montrer et faire accepter que nous sommes une partie dynamique d’une vie commune dans la société. Nous nous opposons au pouvoir en troublant toutes les normes.

Nous discutons pour créer ensemble des espaces politiques en connaissant nos différences et sans dériver vers un idéal de société mondiale globalisée et uniforme. Des espaces pour saluer, inviter, écouter, regarder, entendre, voir, apprendre et partager.

 


http://a2.idata.over-blog.com/200x200/2/68/36/93/amargi-action-2.jpgLe patriarcat influence différemment nos vies en fonction de notre statut dans la hiérarchie sociale. Donc, nous, femmes, nous ne sommes pas un groupe homogène. Alors, pour nous comprendre, mais aussi pour changer la vie, nous avons besoin de voir nos différences dans la réalité hiérarchique. Voir ces différences ainsi que les ressemblances est important pour connaître les diverses formes du féminisme mais aussi pour enrichir nos actions. Sans lutter contre la guerre, le nationalisme, le militarisme, la pauvreté et toutes sortes de discriminations, il est impossible de trouver les remèdes à nos blessures. Parce que nous aussi, nous risquons d’être pris-e-s dans le système hégémonique.


Notre liberté est notre capacité de créer un monde commun et une nouvelle existence qui n’est pas construite de l’extérieur.


Je suis optimiste parce que je connais cette capacité et je vois que nous avons déjà commencé à nous engager sur les chemins de la création d’un souffle commun.


Pinar Selek, janvier 2012

 

 

A propos de Pinar Selek :

 

Pinar Selek, est écrivain et sociologue, Turque. Elle est également militante féministe, LGBT, antimilitariste et pour les droits des minorités (Kurdes, Arménien-ne-s, Grecs/ques, Roms, enfants des rues, travailleuses du sexe, etc.).

 

http://a4.idata.over-blog.com/480x200/2/68/36/93/Pinar-dans-manif-feministe.jpgElle a cofondé en 2001 l’association féministe Amargi, qui lutte aussi pour les droits des personnes LGBT et  des minorités, qui regroupe des femmes de toutes les diversités (lesbiennes, trans’, Kurdes, etc…) et de tous les milieux sociaux dans une organisation non-hierarchisées.  Amargi a ouvert un café-librairie à Istanbul, qui est le rendez-vous des féministes, des trans’ et des lesbiennes et édite un journal dont Pinar Selek est responsable de rédaction.
 

Pinar Selek s’est également particulièrement impliquée dans la lutte pour les droits des personnes trans’, notamment contre les politiques  d’expulsions des personnes trans’ de leurs logis dans certains quartiers d’Istanbul en 2004/2005. Elle intervient dans le documentaire « La terreur transexuelle » (Aykut Atasay, 2005, diffusé en France en 2007 lors de la campagne de solidarité avec l’association Lambdaistanbul)) où elle analyse  le rôle joué par les médias dans la propagation de la violence transphobe.
 

A l’instar des mouvements militants Turques, l’activisme de Pinar Selek  peut prendre une forme très créative. Par exemple en 1998 elle a créé des ateliers artistiques de rue avec des enfants des rues, des trans’ et des travailleuses du sexe. Ces ateliers ont été un point de convergence entre des personnes issues de différentes minorités qui ont visibilisé leurs revendications politiques par la création, non seulement dans les rues, mais aussi dans les maisons où elles étaient invitées, renouant ainsi avec le sens de l’hospitalité.
 

http://a2.idata.over-blog.com/400x226/2/68/36/93/manif-3-pinar-selek-adalet.jpgPinar Selek subit une répression politique depuis 13 ans en Turquie : prison, torture, acharnement judiciaire, elle risque actuellement la prison à perpétuité et son prochain procès aura lieu le 7 mars 2012. Ce ne sont pas seulement ses engagements politiques, mais également ses recherches en tant que sociologue, entre autre sur les conséquences de la guerre au Kurdistan, qui valent à Pinar Selek cette répression politique violente et acharnée. De nombreux/ses intellectuel-le-s sont dans la même situation que Pinar Selek, et la répression s’intensifie ces temps-ci, avec un nombre accru d’arrestations, touchant également des journalistes et des militant-e-s associatifs/ves.
 

Depuis plus de deux ans, Pinar Selek est contrainte de vivre en exil, d'abord à Berlin et depuis peu à Strasbourg. Elle fait actuellement une thèse en sociologie en français sur les mouvements féministes et LGBT  Turques, ainsi que sur les autres mouvements de lutte pour les droits des minorités en Turquie.

 

 Site du comité Pinar Selek France

 Site du comité Pinar Selek Turquie (pages internationales)

Site d'Amargi en anglais

 

 

Evènement organisé par le comité Pinar Selek Strasbourg

en partenariat avec la Station et la Lune

Contact : komitepinarstrasbourg@gmail.com

 

Cette rencontre peut avoir lieu dans d'autres villes. Si vous souhaitez inviter Pinar Selek dans votre ville, contactez le comité Pinar Selek Strasbourg :

 komitepinarstrasbourg@gmail.com

Repost 0
Published by leZ Strasbourgeoises - dans Pinar Selek
commenter cet article
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 02:35

"LOIN DE CHEZ MOI..."

Pinar Selek

 

Pinar Selek manif de femmes

Pinar Selek, est écrivain et sociologue, Turque. Elle est également militante féministe, LGBT, pour les droits des minorités (Kurdes, Arménien-ne-s, Grecs/ques, Roms, enfants des rues, travailleuses du sexe, etc.) et anti-militariste. Elle subit une répression politique depuis 13 ans en Turquie : prison, torture, acharnement judiciaire, elle risque la prison à perpétuité et son prochain procès aura lieu le 7 mars 2012. Elle vit  en exil depuis plus de deux ans, d'abord à Berlin et depuis peu à Strasbourg. Elle fait actuellement une thèse en sociologie en français sur les mouvements féministes et LGBT en Turquie. Dans le cadre du Festival Strasbourg méditerranée, elle est intervenue dans une rencontre sur le thème : Femmes et exil. A cette occasion, elle nous a lu ce très beau texte où elle parle de son exil !

Pour rejoindre le comité de soutien à Pinar Selek à Strasbourg, contactez-nous !

 

 

 

Loin de chez moi...mais jusqu'où ? (2010)

Pinar Selek

"La philosophie est le mal du pays. C'est le souhait de se sentir chez soi partout."  Novalis Kehre.

 

 

J'ai aimé ma maison depuis mon enfance. J'aimais le sentiment dans cette maison. J‘aimais la solitude que j'éprouvais là-bas, comme la compagnie de mes tendres en qui j'avais confiance et un grand amour. J'aimais cuisiner et parler avec eux de nous et du monde en général. J'aimais prendre et observer les objets et les souvenirs qui m'étaient importants et ensuite préparer mon âme et mon corps pour le jour suivant.


Mais aussi, je voyais les limites de cette maison. Je savais également que les portes s'ouvraient différemment vers l'intérieur ou vers l'extérieur... Que les murs qui nous tenaient à l'intérieur en laissaient d'autres à l'extérieur. Je ne me suis jamais enfermée là-bas. Je me suis familiarisée à d'autres espaces, d'autres maisons, d'autres vies et existences. C’était une lutte contre les stéréotypes de patriarcat qui m’obligeait de me mettre dans ses moules.


 Mais cela me fortifiait de retourner de temps en temps, dans cette maison qui m'attendait avec toutes ces choses que moi-même et les personnes qui me sont chères, avions rassemblées. M'y reposer à nouveau et m'ouvrir à l'inconnu, en me remémorant les souvenirs, me fortifiait.


Ensuite, j'ai établi de petites et temporaires demeures dans diverses villes, pays et lieux pour les études et d‘autres occupations... Peu à peu les frontières de ma "Maison" se sont élargies. J'ai appris à parcourir les yeux fermés et dans des lieux temporaires,  un terrain beaucoup plus vaste. J'ai expérimenté différentes manières d'exister. Toujours avec des amies. Nous aimions répéter cette expression de Virginia Wolf : « En tant que femme, je n'ai pas de pays. En tant que femme, je ne désire aucun pays. Mon pays à moi, femme, c'est le monde entier. »


À   l'intérieur de différents processus de subjectivisation entrelacés, effondrés et reconstruits, j'ai étendu les frontières de mon espace qui m'apparaissait toujours plus étroit qu'il n'était. Dans les espaces qui ne portaient pas de trace de moi, j'ai aimé m'y perdre, apprendre les différents rythmes et garder l'allure.


Oui, comme disait notre chère Virginia, je ne désirais aucun pays. Mais tout en sachant qu'un jour j'allais m'asseoir, à nouveau revenir vers moi-même, et comme le disait Levinas, que je reculerai vers ma terre comme une réfugiée.


 Étant assurée que ma maison m'attendait avec mes amours et mes souvenirs, je continuais à me perdre dans Istanbul où je connaissais tous ses endroits particuliers, ses cafés secrets, ses impasses et ses coins cachés. Oui, je me perdais, même en l'absence de brouillard et aussi  je me jetais vers la côte en glissant sur les vagues. En même temps,  je maintenais mon existence politique dans un pays dont je connaissais la langue et les réflexes, et dont je pouvais utiliser les outils d'expression. .Dans ce contexte historique particulier, je savais ce que mes mots et mes actes pouvaient signifier et également comment ils seraient compris par d'autres.


 Mais mes rêves n'ont pas cessé de me suivre. Parce que je savais que la maison, excepté le confort qu'elle procurait, signifiait également tracer des frontières. J'étais déroutée par les paroles de Walter Benjamin qui définissaient le chez soi comme vivre dans un endroit sûr, dans une boîte secrète. Sous l'influence de Deleuze, je ne cessais pas de me poser la question de comment la déterritorialisation pouvait être possible. C'est pour ces raisons que j'ai refusé le mariage et les nécessités du quotidien en tant que mécanisme de domestication. J’avais décidé de ne pas faire un enfant qui va m’attacher aux obligations institutionnelles. Etant une femme, je ne voulais pas vivre dans une de ces maisons remplies de meubles identiques. Je ne voulais pas passer ma vie à regarder les programmes télévisés et à me promener dans les parcs avec mes enfants. Vivre dans la rue à certaines périodes ou rester éveillée jusqu'au matin avec des personnes sans abri dans différents endroits, avait des liens avec ma recherche philosophique.


 Mais même l'état de déterritorialisationavait sa place. Comme ces nomades qui laissent leur empreinte de pas et qui attachent de petits morceaux de tissu aux branches des arbres sur leurs routes, je créais mon propre rythme et j'apprenais quels vents allaient m’accompagner pendant que je migrais entre les espaces. Et je le répète : je me balançais les yeux fermés.


Je suis souvent tombée. Je tombais tout le temps. La domination masculine était brutale. Mon corps saignait de ça et de là et parfois je sentais que j'allais tomber sur la tête et mourir. Mais je m'étais familiarisée aux tempêtes, mes amis étaient à côté de moi et bientôt je hissais la voile.


Au sein des frontières que j'étendais, je créais un endroit ouvert et calme qui laissait de la place aux découvertes, aux miracles, à des réunions spontanées et à des actions. J‘ai dis que je créais. Bien sûr, je n'étais pas toute seule mais au travers de ce processus de création collective, je décidais moi-même et sur la base de mes propres choix quelles frontières j'allais étendre et jusqu'à quel point; selon mon propre pouvoir, mes propres faiblesses et mes rêves.


Et puis soudain, on m’a arrachée de mon univers. L’Etat masculin m’accusait d’être une sorcière.


Ou était le pays des sorcières ? Je ne connaissais pas. Je me suis retrouvée dans un espace dont je ne connaissais ni la langue ni les réflexes et dont les tempêtes ne m'étaient pas habituelles. Ma maison était là-bas, loin de moi. Et elle m'était interdite.


L'espace dans lequel j'étais habituée à créer des choses et dans lequel il y avait ma propre trace, m’était interdit. Lorsque j'ai laissé derrière moi cette trace, je ne fus pas seulement séparée de ma maison mais également de moi-même. Je ne pouvais pas y retourner. Je ne peux pas y retourner.

 

Vide et sans limite


La question n'est pas seulement de connaître physiquement les endroits où tu vis, mais le sentiment du chez soi est également de ne pas se sentir étrangère aux dynamiques de ces lieux. Ai-je vraiment maîtrisé toutes les dynamiques d'Istanbul ? Non. Parce que tout endroit, est globalement imprégné par des relations de domination. Etant une femme, je ne pouvais pas maîtriser les gigantesques mécanismes qui m'encerclaient là où je suis née  ni dans les rues où je travaillais. Mais il y a une différence. Au moins je  les connaissais mieux. J'apprenais et je savais mieux avec qui et jusqu'où je pouvais marcher, sur quelle pierre je pouvais poser mes pieds et quelles rues sont des impasses. Ceci augmentait certainement mon pouvoir de résister.


Est-ce que cela me domiciliait pour autant ?


Peut-être qu'un jour j'aurais changé ma direction pour venir ici. Si ce jour arrive, une personne peut quitter tout ce qu'elle possède. Mais c'est elle qui fixe le moment. On peut partir après avoir décidé ce qu'on allait laisser derrière soi, ou de quelle manière on allait le faire, ce qu'il fallait achever ou non. De cette manière on peut glisser hors de ses frontières.


Il y a une différence significative entre cette sorte de glissement et le fait d'être arraché.


Mes fleurs ont manqué d'eau, les oiseaux auxquels je donnais du pain tous les matins, mes vieux amis auxquels j'apportais de la nourriture, l'olivier que j'avais planté dans mon jardin... Le roman que j'avais commencé à lire et l'article que j'étais entrain d'écrire sont restés sur la table. Les photos de ma mère, les cadeaux de mes vieux amis, les lettres que je lisais fréquemment, la campagne politique que nous avions commencée récemment et le discours que j'allais prononcer lors de la manifestation...Mes amis m'attendent au coin de la rue...


Mon chez moi, ma maison c'était eux. Je n'avais pas fini de construire ma maison. Je continuais.. Pourquoi maintenant ?


Cela peut arriver. La vie n’est pas constituée simplement de notre propre monde. Les possibilités qui s'offrent à nous dans des espaces limités ne se transforment-elles pas en même temps en chaînes qui nous entravent? Nous ne sommes  pas nées seulement dans  notre maison, notre ville ou notre pays; nous sommes nées dans le monde. « Mon pays à moi, femme, c'est le monde entier. » N’est-il pas préférable de découvrir les miracles inconnus, les expériences, les visages de cette vie très courte que nous allons vivre et que nous pouvons perdre à chaque instant ?


 Mais.... S'il n'y avait pas eu de contraintes, je n’aurais pas facilement changé de direction vers ailleurs. Les oliviers, l'amie à qui  j'apporte à manger et les discours à prononcer allaient continuer pour toujours.


 Mais regarde maintenant, deux ans se sont écoulés. J'ai appris à dire mes mots, à m'amuser, à pleurer, à faire l'amour et à établir des liens à l'intérieur de ces vies que je ne connaissais pas auparavant. J'ai rencontré des gens que j'ai envie d'embrasser et  ne plus jamais quitter. En plus, j'ai pu hisser la voile avec les nouveaux vents et je ne me suis pas renversée.


Je dois accepter. J'aime ces chemins. Ces rencontres dont je n'avais même pas rêvé. Rencontrer des expériences qui me paraissaient si éloignées dans le passé. Écouter. Expliquer. Être stimulée par des gens qui m'étaient inconnus. Me déployer dans ce monde non pas comme si j'étais une invitée, mais comme si j'étais chez moi, dans ma maison.


Que disait St. Hugo qui vivait en pays saxon au 12ème siècle ?  "Celle qui admire son pays se trouve au début du chemin, celle qui voit tout lieu comme chez elle est puissante, mais celle qui voit le monde entier comme un pays étranger est parfaite." Alors donc, lorsqu'on est éloignée de sa maison, on comprend qu'on est exilée dans le monde. Comprendre qu'on est une exilée, n'est-ce pas là un état d'existence totalement différent ?


Lorsque j'ai perdu  le sentiment de sécurité, je me suis senti également distante des symboles, des liens, des motifs et des habitudes qui m'apportaient cette sécurité jusqu'à ce moment là. Et cette distance me laisse dans le vide mais les limites de mon regard et les horizons de mes frontières s'élargissent. Je n'aurais pas été capable d'apprendre cela si j'étais restée chez moi.  

 

Où se trouve ma Maison ?


Lorsque je suis arrivée de Turquie, je n'avais pas de chez moi. Je me déplaçais d'une maison à l'autre avec trois valises dans mes mains. D'une ville à l'autre. Je disais : "Le monde est ma maison".


Mais ce n'était pas forcément vrai.


Je lisais continuellement Adorno qui en tant que Juif allemand avait réalisé qu'il n'aurait plus jamais de chez soi dans ce pays où il pourrait retourner après la guerre. Adorno qui comme réfugié, avait vécu dans des hôtels et des pensions pendant de nombreuses années et n'avait donc pas eu à porter la responsabilité d'avoir une résidence permanente avait dit : "Les maisons sont restées toutes dans le passé...une vie fausse ne peut pas être vécue d'une façon correcte." Mais qu’est-ce que ça signifie pour une femme ? Etant une femme, est-ce que c’est possible pour moi de vivre dans des hôtels et des pensions comme Adorno ? Même étant une sorcière ? Et alors ? Ou vivre ? Les femmes, ne sont-elles pas toujours en exil dans le monde, meme dans leur maison? Et pour lutter contre ce sentiment d’exile, elles ne se raccrochent pas à leurs maisons, à leurs  proches, à leurs relations ?


Questions. Questions. Aussi bien à l'intérieur de leur chez soi qu’à l'extérieur, pas seulement les femmes, tous les êtres humains de la vie moderne ne sont-ils pas tous des sans domicile fixe ? La vie actuelle n'est-elle pas basée sur l'absence de racines, d'histoire et de passé ? Les frontières du chez soi ne se sont-elles pas rétrécies de nos jours, dans cette vie, où tout est devenu à la fois si proche et si éloigné et où chacun est devenu étranger à l'autre ? Nous ne connaissons personne dans les rues, nous  n'invitons plus facilement quelqu'un chez nous ? A l'intérieur de ces petites frontières et avec toutes ces télévisions et ces affaires marchandes, nos maisons ne se sont-elles pas transformées en "machines résidentielles“ ? Alors quelle est la nouvelle signification de se trouver loin de chez soi ?


 Me souvenant de la recherche philosophique que je poursuivais encore, je me disais à moi-même : "Laisse l'existence déterritorialisée élargir ton horizon, tu es libérée de ces murs. Tu n'as pas à prendre soin d'une maison ni à la gérer, tu n'as pas de maison qui te ralentirait comme une tortue. Tu n'as pas de responsabilités accablantes. Tu es partout chez toi. Si tu apprends à vivre comme cela, dans l'aisance d'être capable d'aller partout où tu le souhaites, ton état d'existence gagnera un niveau différent de densité et de profondeur. Ne l'oublie pas, l'utopie se trouve loin de la maison. Etant une femme, ta maison est le monde entier".


Mais ça n'est pas ce qui est arrivé. Les trois valises dans mes mains devenaient plus lourdes de jour en jour. Comme il n'y avait pas d'armoire pour suspendre mes affaires dans les endroits où j'allais, je me suis retrouvée à continuellement devoir faire et défaire mes valises. Voila la déterritorialisation !


 Non, ceci n'était pas ma théorie. Les millions de réfugiés que la guerre et la violence ont appauvris... Ceux qui ont été condamnés à une vie discontinue après les vies et les maisons qu'ils avaient perdues; ceux qui ont laissé derrière eux un feu dans la cheminée ou qui ont fui n'emportant que quelques menues affaires après que leur toit se soit effondré sur leur tête; ceux qui vivent comme des fugitifs dans les pays où ils sont arrivés après avoir sauté par dessus les barrières des frontières parce qu'ils fuyaient la pauvreté...Les exilés de la guerre et de la pauvreté ne profitent pas des avantages de la déterritorialisation; mais ils font l'expérience de la pauvreté, de l'insécurité et du désespoir sans fin. Surtout les femmes exilée se trouvent plus ouvertes à toutes les violences de la domination masculine.


Les Juifs sont de  ceux qui ont fait l'expérience de l'exil d'une manière très lourde. Il y a un musée juif à Berlin avec un monument dans la cour. Le Monument de l'Exil. Des routes qui sont séparées les unes des autres par des murs, des routes qui arrivent les unes dans les autres comme un couloir...Vous y entrez et vous avez le vertige. Vous faites quelques pas et votre esprit devient flou. Son calcul mathématique est construit de telle manière que le sol est penché; les murs sont penchés...lorsque vous commencez à marcher, vous perdez votre équilibre. Vous ne pouvez pas sentir le sol sur lequel vous marchez et vous ne pouvez pas sentir les structures qui vous entourent. Ceci peut être apparenté à l'inaccoutumance. Cette petite expérience de vertige et de nausée, peut très bien nous indiquer ce qu'est la psychologie de l'exil. Vous ne maîtrisez pas le sol sur lequel vous êtes debout, c'est comme s'il était penché. Vous ne savez pas ce que vous pouvez faire avec les gens, les institutions et les structures qui vous entourent. C'est comme si tout était incliné. C'est une mauvaise sensation.

 

La route est-elle la maison de l'exilé ?


J'ai également fait l'expérience de cette nausée. Maintenant elle a diminué mais elle n'a pas totalement disparu. Pourtant je ne me suis jamais totalement sentie complètement en exil. Même si les poèmes et les chants qui parlent de l'exil, de la maison et du pays, m'amènent les larmes aux yeux; la seule définition de mon état d'existence n'est toujours pas l'exil. Au moins je ne me suis enfoncée dans une émotion unidimensionnelle.


Les perspectives, les limites, les problèmes et les fardeaux de chaque lieu, chez soi ou en dehors, sont différents. Soit on se sent accablé, soit on trouve une issue de secours en jouant avec le vent.


Chez soi ou ailleurs, il est possible d'augmenter partout la profondeur et  la longueur des limites. Comme le disait Heidegger, le chez soi est une sorte d'intimité; c'est notre connexion au monde et notre coin dans le monde.  Ce coin peut être établi sur les routes aussi. J'ai établi ma maison lorsque j'ai  appris à marcher dans les rues. Peut-être que je n'ai pas établi qu'une seule maison? Une personne peut avoir plus d'une maison, plus d'un chez soi.


Etant une femme, l’expérience de l’exil est plus dure mais moi, je vous avoue que j’ai vécu comme une chance d’être femme grâce a la solidarité international des féministes qui m’ont partagé leur déterritorialisation. Avec elles, j’expérimente la force de vivre sur les bords de toutes les institutions du monde entier.


Si vous me demandez encore, je tiens mon gouvernail dans mes mains et j'ai appris à jouer avec les vents une fois de plus. Mais je ne peux pas diriger mon gouvernail vers le lieu dont je parle, vers mon pays qui me manque.


Mais rien n'est jamais certain. Peut-être que les directions du vent vont changer et les eaux se calmer. Ce qui est important en mer, c'est de hisser la voile.


En sachant que l'espace est infini.

 

Pinar Selek

Repost 0
Published by leZ Strasbourgeoises - dans Pinar Selek
commenter cet article