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7 MARS 2012 :
PROCES DE PINAR SELEK
A ISTANBUL
Communiqué du Comité Pinar Selek France
:
Le procès du 7 mars :
les perspectives ne sont pas bonnes
Le 7 mars prochain, la sociologue et écrivaine féministe Pınar Selek doit à nouveau passer en jugement devant la Cour d'Assises d'Istanbul. Ce procès devait avoir lieu en septembre ; officiellement, il a été reporté à mars pour des raisons « techniques » de procédure. Il nous faut réfléchir à cette nouvelle péripétie à la lumière des vagues d'arrestations qui se sont produites en Turquie, en octobre, décembre et janvier derniers.
Il faut rappeler que Pınar Selek a été arrêtée en 1998 à la suite de ses travaux sociologiques sur l'engagement dans le PKK. Torturée pour livrer les noms des personnes qu’elle avait interviewées, elle n'a pas parlé. Le parquet a monté contre elle une accusation de complicité dans un attentat à la bombe (affaire du « Marché égyptien », juillet 1998) et requis une peine de prison à perpétuité. Elle a été acquittée en 2000, libérée, puis à nouveau inculpée et jugée en 2006 et 2011, et chaque fois acquittée. Chaque fois, le procureur relançait la machine judiciaire en faisant appel.
Un nouveau procès devait avoir lieu en septembre 2011 ; il a été renvoyé pour des raisons « techniques », le dossier n'ayant pas été transmis à la Cour de Cassation. C'est donc le 7 mars 2012, en principe, que Pınar Selek sera à nouveau jugée.
Pınar Selek, après avoir subi la torture et l'emprisonnement, subit une torture psychologique depuis plus de treize ans. Elle est victime d'un acharnement judiciaire proche du déni de justice, au mépris de la Convention européenne des droits de l'Homme dont la Turquie est pourtant signataire. Toujours menacée d'emprisonnement, elle a dû choisir l'exil.
Les autorités judiciaires refusent de prendre en compte trois acquittement successifs, refusent de prendre en compte les expertises qui lavent Pınar Selek des accusations de terrorisme.
Pourtant, pour le procès du 7 mars, les perspectives ne sont pas bonnes. Depuis septembre, les vagues d'arrestation se sont succédé, touchant des centaines de personnes : étudiants, chercheurs, journalistes, éditeurs, universitaires. La guerre au sud-est du pays sert de prétexte à une répression d'une ampleur jamais vue depuis le coup d'Etat de 1980.
Il est possible que de nouvelles charges – imaginaires – soient utilisées à l'encontre de la sociologue, pour prolonger indéfiniment le processus judiciaire.
Pourquoi un tel acharnement ?
Nous pensons que le pouvoir judiciaire veut faire un exemple. Pınar Selek est une intellectuelle et une militante qui ne s'est jamais montrée conformiste ; elle a toujours choisi de lutter et de travailler sur et avec les déshérités, les opprimés, les opposants. Elle est emblématique d'une recherche libre et indépendante, qui ne se plie pas aux injonctions du pouvoir.
En la pourchassant sans cesse, en la contraignant à l'exil par la menace d'emprisonnement toujours réelle, on cherche non seulement à la décourager, mais à décourager toute velléité de travail intellectuel et de prises de positions qui remettraient en cause le semblant de consensus cimenté par un nationalisme exacerbé.
Chaque société a ses techniques de contrôle social. Dans le « modèle turc » qui est proposé aux pays arabes, les opposants sont stigmatisés comme « traîtres » et « terroristes », ce qui a pour effet de les jeter hors de la communauté, et de créer une atmosphère de vindicte propice à la calomnie, à l'agression physique, voire à l'assassinat, comme en a été victime Hrant Dink en 2007.
Pınar Selek n'a pas cédé sous la torture physique, elle tient tête sous la torture psychologique.
Pour elle-même, pour la liberté de pensée et d'opinion en Turquie, pour tous les autres emprisonnés, il faut la soutenir !
Collectif de Solidarité avec Pinar Selek – France
Contact : solidaritepinarselek.france@gmail.com
Site : http://www.pinarselek.fr/
-> Soirée de solidarité avec Pinar Selek à Paris, vendredi 24 Février 2012 à 20h30
Organisé par le collectif de solidarité avec Pinar Selek – France. Prises de paroles, lectures, concert de Système D, en présence de Pinar Selek.
Péniche Anako : Bassin de la Villette (face au 61), quai de Seine 75019 Paris (métro Riquet ou Stalingrad).
Contact : solidaritepinarselek.france@gmail.com
-> Soirée de solidarité avec Pinar Selek à Strasbourg, jeudi 8 Mars 2012 à partir de 18h30
Organisé par la commission plénière pour l’égalité femmes-hommes de la ville de Strasbourg (avec 80 associations) en partenariat avec le comité Pinar Selek Strasbourg. Compagnie les Clandestines, diaporama, musique et danse. A 20h : prise de parole du comité et performance-lecture de la Cie Calamity Jane sur le texte « Plaidoirie » de Pinar Selek. En présence de Pinar Selek.
Salle de l’Aubette, place kleber, 67000 Strasbourg.
Contact : komitepinarstrasbourg@gmail.com
-> Appel aux associations à rejoindre officiellement le comité Pinar Selek pour visibiliser leur solidarité
Signataires : contacter komitepinarstrasbourg@gmail.com en indiquant le nom de l’association, l’adresse e-mail et le site web.
-> Faire connaître la situation de Pinar Selek en publiant des informations sur le web, dans les médias ou via tables de presse
Table de presse :
maquette brochure "13 ans de répression politique"
maquette brochure "Loin de chez moi" Pinar Selek
tract communiqué procès 7 mars
badges : commande à komitepinarstrasbourg@gmail.com
Publications en ligne :
Textes :
textes "13 ans de répression politique"
texte "loin de chez moi" Pinar Selek
Visuels :
Site Pinar Selek Turquie (présentation multilingue)
Pinar Selek est écrivain et sociologue turque. Elle est également militante féministe, LGBT, pour les droits des minorités en Turquie, pacifiste et anti-militariste.
Elle a cofondé l'association féministe Amargi à Istanbul et a créé une des premières librairies féministes en Turquie. Elle est rédactrice en chef du journal féministe édité par Amargi. Ses travaux en tant qu’intellectuelle et son engagement politique sont indissociables.
Elle est contrainte de vivre en Exil depuis plus de 2 ans. Elle a d'abord vécu à Berlin dans le cadre d’un programme pour les écrivains en exil. Elle vient de s'installer à Strasbourg pour faire une thèse de sociologie sur les mouvements des minorités en Turquie, entre autres féministes et LGBT.
Depuis 13 ans, Pinar Selek subit une persécution en Turquie : emprisonnement, torture, harcèlement judiciaire. A l’origine de cette persécution, ses recherches sur la question Kurde. Le motif officiel de son inculpation et de l’acharnement judiciaire : elle aurait posé une bombe qui aurait fait exploser le marché aux épices d’Istanbul en 1998. De nombreux rapports d’experts ont établi qu’il n’y avait pas eu de bombe et que l’explosion était due à une fuite de Gaz. Elle a déjà été acquittée trois fois, mais les jugements ont à chaque fois été cassés et les procédures relancées. Cette persécution ne l’a pas réduite au silence : elle a continué à militer, à écrire et à faire des recherches.
Elle risque actuellement la prison à vie et son prochain procès à lieu à Istanbul le 7 mars 2012.
Qu’est-ce qui se prépare maintenant ? En 13 ans, trois acquittements n’ont pas mis fin au processus de répression et l’exil n’est pas une protection infaillible. Pour Pinar Selek, c’est une torture psychologique. Tout ce qu’elle souhaite, c’est retourner librement dans son pays pour y continuer ses recherches en tant que sociologue, sa création littéraire et ses engagements militants et associatifs.
En France, en Turquie, comme ailleurs, tout comme Pinar Selek et les mouvements de lutte pour les droits des minorités Turcs, nous luttons pour l’égalité des droits, contre les discriminations et pour la liberté d’expression et de convictions. Les alliances et la solidarité sont vitales !
Nous appelons les associations et collectifs à rejoindre officiellement le comité Pinar Selek afin de visibiliser leur solidarité et leur présence au côté de Pinar Selek ! Pinar Selek n’est pas seule !
Nous contacter à komitepinarstrasbourg@gmail.com en indiquant le nom de l’association, le site web et l’adresse e-mail.
Que peut-on faire dans l’immédiat ?
A l’heure actuelle, la meilleure manière d’aider Pinar Selek est d’augmenter au maximum sa visibilité :
-> Faire circuler cet appel.
-> Faire connaître la situation de Pinar Selek en publiant des informations dans des médias, sur des sites, blogs et autres supports web ou en les diffusant via distributions de brochures.
- Brochures, tracts, textes, visuels ici
(en bas de page)
- des informations détaillées sur le site Pinar Selek France.
- D’autres matériaux peuvent être proposés pour une éventuelle table de presse (livres, badges etc…) : nous contacter à komitepinarstrasbourg@gmail.com
-> Organiser une soirée de solidarité dans votre ville.
Des soirées de solidarité déjà prévues à Paris le 24 février et à Strasbourg le 8 mars. L’objectif de ces soirées est d’élargir le mouvement de solidarité. Cela peut être l’occasion de créer un comité local. Prévoir des prises de paroles pour expliquer la situation de Pinar Selek, une table de presse et éventuellement une collecte de fonds. Pour le matériel table de presse nous contacter à komitepinarstrasbourg@gmail.com
-> Inviter Pinar Selek dans votre ville pour une rencontre sur le thème des « mouvements féministes et LGBTT en Turquie ».
La solidarité avec Pinar Selek est l’occasion d’échanges féconds nous permettant de découvrir les mouvements militants en Turquie qui sont d’un extraordinaire dynamisme, très créatifs et dont la force réside dans leur capacité à articuler les luttes. A l’heure actuelle Pinar Selek propose une passionnante conférence sur le thème des mouvements féministes et LGBTT en Turquie qui a déjà eu lieu à Strasbourg le 27 janvier et peut être programmée dans d’autres villes. Nous contacter à komitepinarstrasbourg@gmail.com
Premières associations signataires, membres du comité Pinar Selek (28) :
A.D.A.C-Athena (Strasbourg), Association de Santé Solidaire et Prévention des Agressions (Grenoble), ASTU (Strasbourg), Auto-défense Autonomie (Lyon), Calamity Jane (Strasbourg), CEMEA Alsace (Alsace), CIMADE Strasbourg (Strasbourg), Collectif CIGALE (Grenoble), Collectif Contre les Abus Policiers (Bordeaux), Collectif Lesbien Lyonnais (Lyon), Fédération Total Respect (France), Frisse (Lyon), Homos Musulmans de France (France), La Lune (Strasbourg), La Quincaillerie Lesbienne et Féministe (Lyon), LesBienNées (Nancy), Les Poupées en Pantalons (Strasbourg), Lestime (Genève), Le Torchon Brûle Toujours (France), Les Voix d’Elles (Grenoble), LeZ Strasbourgeoises (Strasbourg), Mouvement Pour une Alternative Non-violente (France), SOS Femmes Solidarité (Strasbourg), SOS Sexisme (France), Terre des Livres (Lyon), Tjenbé Rèd Prévention Guyanne (Guyanne), Tjenbé Rèd Prévention Martinique-Guadeloupe (Martinique-Guadeloupe), Tjenbé Rèd Prévention Paris-Île-de-France (Paris - Île-de-France)
e-mail : komitepinarstrasbourg@gmail.com
LOIS ISLAMOPHOBE ET FEMINISME
Özgür Leons
Une avalanche de loi. Au nom de la laïcité. Au nom du droit des femmes. Depuis 2004, la droite vote une série de lois racistes et/ou islamophobes, conduisant à la stigmatisation des populations déjà trop souvent confrontées au racisme et musulmanes en France – comme, par exemple, la loi reconnaissant les aspects positifs de la colonisation de 2003. La gauche et une partie du mouvement féministe se sont emparés de la question du foulard des femmes musulmanes pour cautionner ces lois. Des lois qui ne ciblent que les musulmanes, rien qu’elles, et qui touchent à leur droit à l’éducation, à leur liberté de conscience, à leur liberté d’exercer un métier ou de circuler librement. Ainsi :
-> 2004 : les adolescentes sont montrées comme des victimes et des manipulatrices dans un long battage médiatique provoqué par des professeurs de gauche. Suite à cela, le gouvernement, de droite, fait voter la loi du 15 Mars 2004 sur le port des signes religieux à l’école. De fait, ce sont des centaines de jeunes filles qui sont forcées d’enlever leur foulard, d’aller dans des établissements privés – donc payants – ou de quitter le système scolaire. Cela après de longs interrogatoires, des mises à l’isolement dans les écoles, des conseils de disciplines… parfois avant même que la loi ne soit votée.
-> 2010 : André Gérin, un député communiste, propose une loi interdisant le port du voile intégral – le niqab – dans l’espace public. Le gouvernement s’empare de la question et fait voter une loi, là encore au nom de la laïcité et de la liberté des femmes et de leur dignité. Les femmes sont passibles d’amendes, de stage de citoyenneté, voire d’emprisonnement après récidive. On compte entre 360 et 2000 le nombre de femmes portant un voile intégral en France. C’est ce qu’on appelle une loi d’exception.
Parallèlement, un grand débat sur l’identité nationale est lancé par le gouvernement en 2009, ouvrant la route à un racisme ouvert et aux réactions islamophobes. Les agressions augmentent. Les complexes tombent.
-> 2011 : le ministre de l’éducation propose une loi qui interdit aux mamans qui participent aux activités des écoles de porter le foulard. Face aux réactions, il recule. Mais l’esprit est entendu : il n’est plus tabou d’interdire à des mamans de participer à la vie de l’école de leur enfant et les écoles peuvent décider, par les règlements intérieurs, de refuser les mères qui portent le foulard. Ces mamans-là ne sont pas assez bien, pas assez dignes.
-> 2011 : dans un collège, des jeunes filles sont convoquées par le directeur de l’école parce qu’elles portent des robes trop longues et trop unies. Elles sont priées de porter un jean, comme tout le monde. Ces jeunes filles sont connues pour porter le foulard en-dehors du collège.
-> 2011, encore. Alors que la loi sur la laïcité n’impose la neutralité qu’au personnel des services publics, une femme travaillant dans une crèche privée est licenciée pour port du foulard.
-> 2011, encore et toujours : une loi interdit la prière musulmane dans les rues, ravivant le nationalisme de la société.
-> 2012 : le sénat, à majorité socialiste, vote une loi sur l’interdiction, pour les nourrices à domicile de porter le foulard dans l’exercice de leur profession. Là encore, c’est la laïcité et le droit des femmes qui sont brandis.
Le rythme des lois qui restreignent les droits et la liberté des musulmanes s’accélèrent et les débats s’effacent. Il semble de plus en plus normal de faire passer ces lois d’exception. Lois d’exception à la fois parce qu’elles ne visent souvent que quelques centaines de personnes. Mais surtout, parce qu’à chaque fois, ce sont des femmes musulmanes qui sont visées.
En 2004, les féministes se sont littéralement déchirées sur ce sujet. Aujourd’hui encore, il est souvent impossible de parler du foulard dans les milieux féministes. Dès que l’on se dit contre ces lois, on est accusée d’être « pro-voile » et de vouloir l’oppression des femmes. Il est impossible d’avoir une discussion constructive. Et pourtant ! Et pourtant, en tant que féministes, ces lois devraient nous inquiéter sur plusieurs points : les féministes ont abandonné des champs importants de leurs combats historiques – l’éducation, l’autonomie financière, le droit des femmes à porter ce qu’elles veulent, le droit des femmes à parler en leur nom. Elles se sont laissées aveugler par les arguments de la laïcité et de la liberté des femmes et cela doit nous interroger sur les autres rapports de pouvoir qui traversent le féminisme.
Ces lois ont brisé la scolarité de jeunes filles qui, pour certaines, n’ont pas réussi à reprendre leurs études. Ces lois ont renforcé le racisme quotidien et beaucoup de femmes voilées ne trouvent pas de travail, alors même qu’elles font des études brillantes. Ces lois interdisent à des femmes d’exercer leur métier et d’être autonome financièrement. Ces lois interdisent à des femmes de circuler librement.
Ces lois racistes sont aussi sexistes, ne s’appliquant qu’aux femmes. Des féministes ont voulu participer à libérer les femmes qui portent le foulard, y compris malgré elles. D’ailleurs, c’est souvent des exemples d’Afghanistan et d’Iran qu’elles convoquaient comme argument.
L’argument de l’oppression et du choix de ces femmes ne tient pas. Comment, d’un point de vue féministe, cautionner des lois qui prive d’éducation, de liberté de bouger, d’autonomie, d’indépendance financière et du droit de décider pour soi de ce que l’on va faire de son corps ? Pourquoi ce qui était valable pour les féministes dans les décennies précédentes, à savoir l’émancipation par l’éducation et l’autonomie financière, ne s’appliquerait pas aux femmes portant le foulard ?
Peut-être parce que le sexisme versus féminisme n’est pas le seul rapport de pouvoir de ces lois.
Ces lois racistes et sexistes sont également islamophobes. Rien sur les femmes juives orthodoxes qui se couvrent également les cheveux. Rien sur les bonnes sœurs, elles-mêmes voilées. Rien sur les multiples exceptions au principe de laïcité (la loi de 1905 ne s’applique pas en Alsace et en Moselle, le président, invité particulier au Vatican…) Il s’agit bien de cibler la population musulmane.
Ces lois racistes, sexistes et islamophobes sont également classistes : jeunes filles dans des collèges publics, donc gratuits, mères parfois au foyer dans les écoles, nourrices… ce sont principalement les classes populaires et moyennes qui sont visées par ces lois. Mais également des femmes qui réussissaient à l’école, qui ont fait de brillantes études universitaires et qui ne trouvent aucun travail. C’est l’entrave à l’accession de ces femmes-là à une visibilité dans le monde du travail et intellectuel qui est également recherché par ces lois.
Comment les féministes peuvent accepter cela ?
Les féministes françaises ont traditionnellement une vision universaliste du droit des femmes.
C’est-à-dire qu’elles conçoivent la liberté des femmes selon leur propre idéal et leurs propres priorités, avec un modèle exportable.
Ce modèle exportable d’émancipation, nous en avons eu des exemples pendant la colonisation, en Algérie, où furent mise en scène des dévoilements de femmes sur la place publique. C’est ce qui se passe encore quand des féministes pensent savoir mieux que les femmes voilées ce dont elles ont besoin. Quitte à les “libérer” malgré elles et à légitimer une politique raciste et nationaliste. C’est ce qu’elles font également avec les travailleuses du sexe : des femmes empêchent des femmes de parler.
Il est urgent pour les féministes française d’analyser les articulations qu’il y a entre sexisme, racisme et nationalisme en France. Les politiques coloniales prennent les femmes pour symboles ; les discours islamophobes prennent les femmes pour symboles ; les discours sur la modernité prennent les femmes pour symboles. Mais les femmes ne veulent pas être des symboles. Elles veulent vivre, parler et agir en leur nom.
Il est d’autant plus urgent d’avoir des discussions constructives et de travailler ensemble que la situation des femmes en France n’est pas enviable : droit à l’avortement en danger immédiat, violences conjugales et quotidiennes toujours d’actualité, corps modelés, autonomie toujours pas garantie… les féministes ont baissé la garde ces dernières années. Et le système patriarcal, lui, se nourrit de leur racisme et se renforce à mesure que nous nous divisons. Il y a urgence.
Özgür Leons
Pour aller plus loin
Des collectifs à découvrir, à rencontrer…
CFPE : Collectif Féministes Pour l’Egalité http://cfpe.over-blog.org/
MTE : Mamans Toutes Egales http://www.mamans-toutes-egales.com/
Une Ecole pour Toutes et Tous
Des sites à consulter
LMSI : Les Mots Sont Importants : http://lmsi.net/
Oumma : http://oumma.com/
Des choses à lire
Inch Allah l’égalité ! : Journal du CFPE
Les filles voilées parlent, M. Latrèche, I. Chouder, P. Tévanian, La fabrique, 2008, 340 p.
Le voile médiatique. Un faux débat : « L’affaire du foulard islamique », P. Tévanian, 2005, 133 p.
Les féministes et le garçon arabe, N. Guénif-Souilamas, E. Macé, Editions de l’Aube, 2004
Classer, dominer, qui sont les “autres” ? C. Delphy, La Fabrique, 2008
Revue, Nouvelles Questions Féministes, « Sexisme et racisme : Le cas français », vol. 25, n°1 & 2, 2006, 2007, 216
« De la cérémonie du dévoilement à Alger (1958) à Ni Putes Ni Soumises : l’instrumentalisation coloniale et néo-coloniale de la cause des femmes » par Houria Bouteldja :
http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=339
Fanon F., « L’Algérie se dévoile », L’An V de la révolution algérienne, La Découverte, 2001
Des choses à voir
Un racisme à peine voilé, de J. Host, H. Production, Toulouse, 2004 (contact@hprod.org)
Et plein d’autres encore, bien sûr…
Cet article a été initialement écrit pour le journal féministe Turc
"Amargi" de l'association féministe du même nom. Pour en savoir plus sur Amargi, leur blog en anglais et leur site en
Turc.
Vous l'avez rêvée ?... Elle l'a fait ! Super Féministe vous attend sur son blog pour vous compter ses incroyables aventures ! On peut aussi la retrouver sur sa page facebook pour discuter avec elle en direct. Je ne sais pas vous, mais moi j'ai toujours eu un faible pour les super-héroines... Avec une copine on avait même imaginé de créer une WonderLesboGirl pour rendre la militance plus sexy ! Alors Super-Féministe, ça me plait bien, d'autant qu'elle ne manque pas d'humour et n'a pas la langue dans sa poche ;-)
Pour les Lesbiennes, Gays, Bisexuel-le-s, Trans’, Intersexes, Féministes & leurs Ami-e-s, de tous les pays ! Tous
les 3èmes vendredis du mois à 20h, à la Station (Centre LGBTI Alsace), 7 rue des écrivains à Strasbourg.
Dla Lesbijek, Gejów, Biseksualistek / Biseksualistów, Trans, osób Interseksualnych, Feministek oraz ich Przyjaciół/ ek ze wszystkich krajów ! Spotkania we wszystkie trzecie piątki
miesiąca o godzinie 20.00. Adres: la Station (Centre LGBTI Alsace), 7 rue des écrivains à Strasbourg
¡Para las Lesbianas, los Gays, l*s Bisexuales, l*s Trans', l*s Intersexuales, l*s Feministas/os y sus Amig*s de todos países! Todos los terceros viernes del mes a las ocho de la tarde.
En la “Station” (Centre LGBTI Alsace), 7, rue des Ecrivains en Estrasburgo.
For
lesbians, gays, bisexuals, trans’, intersexes, feminists and their friends, from all over the world ! Every third Friday of each month at 8p.m, at the Station (LGBTI Centre –Alsace) 7, rue des
écrivains – Strasbourg
За ЛГБТ хората, феминистите и техните приятели от всички страни ! Всеки трети петък на месеца от 20ч. Място на срещата "la station"(LGBTI център Елзас), адрес : 7 rue des écrivains,
Strasbourg.
Für Lesben, Schwule, Bisexuelle, Trans*, Intersexuelle, Feminist_innen & Freund_innen aller Länder ! Jeden dritten Freitag im Monat, ab 20 Uhr, in der 'Station' ( LSBTI
Zentrum, Elsaß), 7 rue des écrivains, in Strasbourg, Frankreich
Pentru Lesbiene, Gay, Bisexuali, Trans', Intersexuali, femini-ste-ști şi
prieten-ele-ii lor din toate țările ! A treia vineri din lună, la ora 20:00, la La Station (Centrul LGBTI Alsacia), 7 rue des écrivains la
Strasbourg.
Для геев, лесбиянок, би-, транс- и интерсексуалов, а также феминисток и их друзей со всего света ! Встречи проходят каждую третью пятницу месяца, с 20
часов, в помещении эльзасского ЛГБТ-центра La Station по адресу: 7, rue des écrivains – Strasbourg
Organisé par le collectif
en partenariat avec la Station
cafeinternationallgbtiff@gmail.com
Pour les évènements à venir consultez l'Agenda !
Entre autre, Café International à la Station vendredi 17 février, 2 soirées samedi 18 février, soirée costumée de la Station et soirée RDG au Studio Saglio, Café Littéraire autour de l'Intersexuation lundi 20 février à la Station, Conférence de Natacha Chetcuti mardi 21 février à la Misha, projection du film "Electrochoc" jeudi 23 février à la Station... Et beaucoup d'autres évènements !
NEWS LESBOSTRASBOURGEOISES
DU 2 AU 13 FEVRIER
Agression raciste et homophobe à Strasbourg
AGRESSION RACISTE ET HOMOPHOBE A STRASBOURG
Message de D. transmis par la Station le 01/02/2012
" Bonjour,
J'ai été victime d'une agression homophobe et raciste le 30 juin 2011, mon procès aura lieu le 2 février
2012 à 8h30 au Palais de Justice à Strasbourg
Quai Finkmatt, je vous invite à me rejoindre pour me soutenir et alerter la presse local pour diffuser ce
procès.
Merci de votre soutien, veuillez accepter mes sincères salutations.
D."
Pour plus d'infos contacter la Station : contact@lastation-lgbti.eu
NEWS LESBOSTRASBOURGEOISES
DU 26 AU 28 JANVIER
IMAGES DES MOUVEMENTS
FEMINISTES ET LGBT EN TURQUIE
Pour vous donner un avant-goût de la conférence de Pinar Selek sur les mouvements féministes et LGBT en Turquie, vendredi 27 janvier à 20h à la Station
BAL PYGMEE EN CONCERT
Samedi 28 Janvier à 17h
à l'espace Djengo Reinhardt
« Une histoire de cuisine collective, d'effluves d'épices orientales et de parfums de métissages sonores. Entrez et installez-vous ! Au fond d'une bouillonnante marmite résonne une voix plurielle et universelle, teintée d'une mélancolie éveillée et chaleureuse, une voix qui inspire l'amour, l'ivresse et la révolte. Soulevez le couvercle ! Venez goûter aux mystérieuses essences de ce chaudron en ébullition, rendez-vous des peuples et des langues, où mijotent flamenco, biguine, valse papoue et jazz musette du pavé. Bal Pygmée vous entraîne dans son univers sensuel, théâtral et désenchanté où s'invitent dialecte elsassich, chansons réalistes, comptines engagées et transes du Maghreb. Alt modiche blattfüess disco mobil muzik ? ahhh jo den ! » (Bal Pygmée)
Pour en savoir plus :
Rencontre avec Pinar Selek :
Mouvements féministes et LGBTI en Turquie
une histoire lointaine et proche
à la Station le 27 janvier 2012 à 20h
UNE HISTOIRE LOINTAINE ET PROCHE
Que peut-on apprendre des expériences des mouvements féministes et LGBT en Turquie ?
Pinar Selek
Autant la Turquie a traversé des conflits féroces, autant elle a fait l’expérience d’échanges féconds. La relation entre les mouvements féministes et LGBT en
est un parfait exemple : Les deux mouvements se sont influencés réciproquement et ont réussi à se transformer tout en continuant d’appeler à la liberté. Nous avons réussi à ouvrir de nouveaux
chemins. Des chemins pour résister au système, montrer et faire accepter que nous sommes une partie dynamique d’une vie commune dans la société. Nous nous opposons au pouvoir en troublant toutes
les normes.
Nous discutons pour créer ensemble des espaces politiques en connaissant nos différences et sans dériver vers un idéal de société mondiale globalisée et uniforme. Des espaces pour saluer, inviter, écouter, regarder, entendre, voir, apprendre et partager.
Le patriarcat influence différemment nos vies en fonction de notre statut dans la hiérarchie
sociale. Donc, nous, femmes, nous ne sommes pas un groupe homogène. Alors, pour nous comprendre, mais aussi pour changer la vie, nous avons besoin de voir nos différences dans la réalité
hiérarchique. Voir ces différences ainsi que les ressemblances est important pour connaître les diverses formes du féminisme mais aussi pour enrichir nos actions. Sans lutter contre la guerre, le
nationalisme, le militarisme, la pauvreté et toutes sortes de discriminations, il est impossible de trouver les remèdes à nos blessures. Parce que nous aussi, nous risquons d’être pris-e-s dans
le système hégémonique.
Notre liberté est notre capacité de créer un monde commun et une nouvelle existence qui n’est pas
construite de l’extérieur.
Je suis optimiste parce que je connais cette capacité et je vois que nous avons déjà commencé à nous
engager sur les chemins de la création d’un souffle commun.
Pinar Selek, janvier 2012
A propos de Pinar Selek :
Pinar Selek, est écrivain et sociologue, Turque. Elle est également militante féministe, LGBT, antimilitariste et pour les droits des minorités (Kurdes, Arménien-ne-s, Grecs/ques, Roms, enfants des rues, travailleuses du sexe, etc.).
Elle a cofondé en 2001 l’association féministe Amargi, qui lutte aussi
pour les droits des personnes LGBT et des minorités, qui regroupe des femmes de toutes les diversités (lesbiennes, trans’, Kurdes, etc…) et de tous les milieux sociaux dans une organisation
non-hierarchisées. Amargi a ouvert un café-librairie à Istanbul, qui est le rendez-vous des féministes, des trans’ et des lesbiennes et édite un journal dont Pinar Selek est responsable de
rédaction.
Pinar Selek s’est également particulièrement impliquée dans la lutte pour les droits des personnes trans’,
notamment contre les politiques d’expulsions des personnes trans’ de leurs logis dans certains quartiers d’Istanbul en 2004/2005. Elle intervient dans le documentaire « La terreur
transexuelle » (Aykut Atasay, 2005, diffusé en France en 2007 lors de la campagne de solidarité avec l’association Lambdaistanbul)) où elle analyse le rôle joué par les médias dans la
propagation de la violence transphobe.
A l’instar des mouvements militants Turques, l’activisme de Pinar Selek peut prendre une forme très
créative. Par exemple en 1998 elle a créé des ateliers artistiques de rue avec des enfants des rues, des trans’ et des travailleuses du sexe. Ces ateliers ont été un point de convergence entre
des personnes issues de différentes minorités qui ont visibilisé leurs revendications politiques par la création, non seulement dans les rues, mais aussi dans les maisons où elles étaient
invitées, renouant ainsi avec le sens de l’hospitalité.
Pinar Selek subit une répression politique depuis 13 ans en Turquie :
prison, torture, acharnement judiciaire, elle risque actuellement la prison à perpétuité et son prochain procès aura lieu le 7 mars 2012. Ce ne sont pas seulement ses engagements politiques, mais
également ses recherches en tant que sociologue, entre autre sur les conséquences de la guerre au Kurdistan, qui valent à Pinar Selek cette répression politique violente et acharnée. De
nombreux/ses intellectuel-le-s sont dans la même situation que Pinar Selek, et la répression s’intensifie ces temps-ci, avec un nombre accru d’arrestations, touchant également des journalistes et
des militant-e-s associatifs/ves.
Depuis plus de deux ans, Pinar Selek est contrainte de vivre en exil, d'abord à Berlin et depuis peu à Strasbourg. Elle fait actuellement une thèse en sociologie en français sur les mouvements féministes et LGBT Turques, ainsi que sur les autres mouvements de lutte pour les droits des minorités en Turquie.
Site du comité Pinar Selek France
Site du comité Pinar Selek Turquie (pages internationales)
Evènement organisé par le comité Pinar Selek Strasbourg
en partenariat avec la Station et la Lune
Contact : komitepinarstrasbourg@gmail.com
Cette rencontre peut avoir lieu dans d'autres villes. Si vous souhaitez inviter Pinar Selek dans votre ville,
contactez le comité Pinar Selek Strasbourg :